LE TÉMOIGNAGE DE MARIE

 LE TÉMOIGNAGE DE MARIE 


Mardi 12 novembre 2024

 Thème de la Semaine 7 : Heureux ceux qui croient

Thème général : Thèmes dans l'Evangile de Jean

Texte à méditer :

« Marie prit alors un demi-litre d'un parfum très cher, fait de nard pur, et le répandit sur les pieds de Jésus, puis elle les essuya avec ses cheveux. Toute la maison fut remplie de l'odeur du parfum » (Jean 12:3).


Six jours avant la Pâque, Jésus se rend chez Marie, Marthe et Lazare, comme le relate Jean 12:1-8, et participe à un festin organisé par Simon, le lépreux guéri. Dans ce cadre intime, Marie oint Jésus avec un parfum précieux, un geste audacieux et sincère qui ne laisse personne indifférent et suscite des réactions contrastées parmi les disciples. Tandis que certains voient en cet acte une dépense excessive, Jésus reconnaît la profondeur de l’amour et de la foi qui l’animent. Alors qu’Il se prépare pour les événements de la Passion, cet acte devient une puissante déclaration de reconnaissance, transformant la scène en un moment solennel. Entrons donc plus profondément dans la signification de cette onction, témoignage vibrant d’une foi qui ne craint pas de s’exprimer pleinement.


Un témoignage de reconnaissance

Marie choisit un parfum de nard pur, d’une valeur considérable – environ un an de salaire pour un ouvrier ordinaire – pour oindre Jésus. Les Évangiles offrent des descriptions légèrement différentes concernant l’onction de Jésus par Marie. Jean 12:3 mentionne spécifiquement que Marie oint les pieds de Jésus. Matthieu 26:7 et Marc 14:3, en revanche, rapportent que la femme (identifiée comme Marie dans Jean) oint la tête de Jésus. Certains exégètes suggèrent que Marie a oint à la fois la tête et les pieds de Jésus, ce qui symboliserait son respect et son adoration envers Lui. Les récits, ayant chacun un objectif théologique différent, ont pu choisir de mettre en avant l'un des deux gestes. L’onction de la tête évoque un acte de consécration réservé aux rois et aux prophètes, soulignant ici la royauté de Jésus et Sa mission divine.


En combinant ces gestes – oindre la tête et les pieds – Marie rend hommage à Jésus en tant que Roi et Serviteur, manifestant toute la profondeur de son amour et de sa reconnaissance envers Celui qui lui a accordé des bénédictions infinies. Elle exprime ainsi sa reconnaissance pour la résurrection de son frère Lazare (Jean 11) et la rémission de ses propres péchés. Contrairement à ceux qui peuvent agir par obligation ou par devoir, Marie agit par amour et par dévotion profonde, offrant ce qu’elle possède de plus précieux. Dans cette démarche, elle nous invite à nous poser la question suivante : avons-nous quelque chose de précieux à offrir à Jésus, non par devoir, mais par amour sincère ?


L’hôte : Entre reconnaissance et transformation

L’hôte de ce repas est Simon le lépreux, comme le précisent Matthieu 26:6 et Marc 14:3. Ce détail donne une profondeur supplémentaire à la scène, car Simon est aussi un témoignage vivant du pouvoir de guérison de Jésus. Bien qu’il ait été guéri, il est encore désigné comme "le lépreux," ce qui peut rappeler aux lecteurs la condition de chacun devant Dieu, en quête de purification et de salut. Simon, en tant qu’hôte, incarne également un contraste entre ceux qui ont été guéris extérieurement, comme lui, et ceux qui, comme Marie, sont profondément transformés intérieurement dans leur relation avec Jésus. Même lorsqu’il est question de guérison physique, la transformation intérieure – celle que Marie a embrassée par son acte de foi – demeure essentielle. Simon, bien que physiquement guéri, n’a pas encore exprimé une telle transformation intérieure.


L’amour véritable vs. l’hypocrisie

Le contraste entre Marie et Judas est frappant. Là où Marie agit sans chercher de reconnaissance, Judas critique son action, la qualifiant d’excessive et de gaspillage. « Judas répondit par une réprimande rapide, déclarant que le parfum aurait dû être vendu et que l’argent de la vente aurait dû être donné aux pauvres. » Mais Jésus, qui discerne les intentions profondes de Marie et de Judas, défend Marie et rappelle que « Vous avez toujours les pauvres avec vous, mais vous ne m’avez pas toujours » (Jean 12:7-8). Contrairement aux apparences, la critique de Judas cache des motivations égoïstes, car il est décrit comme un voleur préoccupé par l’argent (Jean 12:6). Jésus sait qui agit par amour authentique et qui agit par intérêt personnel. Ce moment nous rappelle que Dieu voit au-delà des mots et des actes apparents : il discerne l’intention de chaque cœur.


Une transformation radicale

La vie de Marie illustre un parcours de foi et de transformation. Autrefois, elle en voulait à Jésus de ne pas avoir empêché la mort de son frère Lazare. En effet, Dans Jean 11:20-21, Marie ne sortit pas à la rencontre de Jésus, tandis que Marthe alla seule vers lui. Dans Jean 11:32-33, Marie accusa Jésus de l’avoir déçue et de ne pas avoir été là quand elle avait besoin de lui. Cependant, la résurrection de Lazare a bouleversé cette colère en gratitude et en adoration.


Parlons des relations. Quelle est l’importance de la relation entre Marie et Lazare dans le cadre de son témoignage sur Jésus ? Si la résurrection de Lazare était une supercherie, si elle n’avait jamais eu lieu, Marie conserverait son ancienne attitude de colère à l’égard de Jésus. Ceci est un témoignage puissant que la résurrection de Lazare est réelle. Marie est maintenant débordante d’amour envers Jésus. Cette métamorphose est un appel pour chacun d’entre nous à nous tourner vers Christ avec un cœur ouvert, prêts à laisser sa grâce transformer nos peines en adoration.


L’audace de la foi : un geste qui choque

Dans un contexte où les normes sociales sont bien établies, Marie ose briser les conventions pour exprimer son amour pour Jésus. Pouvez-vous imaginer le scandale si une femme aspergeait un homme de parfum ROJA Haute Luxe (4000 euros – soit plus de 2 millions de Francs CFA - les 100 ml) lors d'un repas communautaire dans une église aujourd’hui ? Il y aurait un tollé et il ne fait aucun doute que le conseil de l'église se réunirait, suivi d'une réunion d'affaires, puis d'un ou deux sermons sur la responsabilité financière et sur ce qui constitue un bon comportement chrétien dans les lieux publics. Il ne fait aucun doute que l'événement décrit dans ce petit tableau était choquant, même à l'époque de Jésus. Et si vous lisez les autres récits et mettez tous les éléments en place, vous constaterez que les participants se connaissaient tous. La réputation de Marie était celle d'une pécheresse (Luc 7).


La discussion qui s'ensuivit permit aux participants de cet événement de tirer de précieuses leçons, bien que marquées par une certaine rudesse. Il apparut clairement que Simon nourrissait une arrière-pensée quant à ce banquet, son intérêt étant davantage centré sur les bénéfices qu'il pourrait en tirer que sur l'accueil sincère de ses invités. De son côté, Judas feignait l’indignation face à ce qu'il qualifiait de gaspillage financier, alors qu'en vérité, son mécontentement reflétait surtout la perte d’un gain potentiel si les fonds étaient restés sous son contrôle. Quant aux autres spectateurs, ils furent ébranlés, non seulement par l'attitude de la femme, jugée déplacée selon les conventions sociales de l’époque, mais aussi par la bienveillance et la compréhension que le Christ manifesta à son égard. En oignant Jésus avant la Pâque, elle participe symboliquement à l’annonce de son sacrifice à venir, apportant ainsi une note prophétique à son geste.


Le thème de la semaine, « Heureux ceux qui croient », trouve un écho vibrant dans le témoignage de Marie. Elle croit en Jésus non pas seulement en tant que maître ou guérisseur, mais comme le Messie, digne de recevoir toute l'adoration et la reconnaissance. Marie nous apprend qu’une foi sincère ne cherche pas à plaire aux autres, mais à honorer Dieu en toute chose, même si cela signifie prendre des risques.


Son geste est resté dans les mémoires, « et la maison fut remplie de l’odeur du parfum » (Jean 12:3). À travers les siècles, cette offrande de parfum est devenue un symbole de foi authentique. Son témoignage nous rappelle que Jésus cherche des cœurs authentiques, des vies offertes en sacrifice de louange. La foi, comme celle de Marie, n’est pas une affaire de demi-mesure : elle est entière, courageuse et sans retenue. Quel « parfum » notre foi laisse derrière nous ? Nos actes de dévotion sont-ils visibles par leur sincérité et leur authenticité, ou sont-ils réalisés par simple convention ? Le témoignage de Marie nous rappelle que Heureux sont ceux qui croient, car ils sont bénis dans leur dévotion sincère, sachant que Dieu voit au-delà des apparences. Le parfum de nard de Marie a traversé les siècles pour rappeler la raison d'être de l'église et des croyants : valoriser les gens au nom de Jésus. C'est le parfum le plus doux qui soit et il n'a pas de prix.


Que le Seigneur nous aide à être sincères et généreux, et à Lui offrir nos vies comme un parfum agréable. Que notre foi soit pure et authentique, et qu’elle témoigne de notre amour pour Lui. Amen.


Abondantes grâces de la part de l'Éternel !

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