QU’EST-CE QUE LA VÉRITÉ ?

 QU’EST-CE QUE LA VÉRITÉ ? 


Lundi 16 décembre 2024

Semaine 12 : L’heure de gloire : la croix et la résurrection

Thème général : Thèmes dans l'Evangile de Jean


Texte à méditer : « Pilate lui dit : Qu'est-ce que la vérité ? » (Jean 18:38).


Jésus fut arrêté dans la nuit, interrogé par les autorités juives (Anne et Caïphe), et conduit devant Pilate à l’aube (Jean 18:12-29). En tant que gouverneur romain, Pilate représentait le pouvoir impérial et était chargé de traiter les affaires judiciaires importantes, en particulier celles impliquant la peine capitale, qui dépassaient l’autorité des chefs religieux juifs. Ceux-ci accusèrent Jésus de se proclamer roi des Juifs, évoquant une attente messianique que Pilate, en tant que païen, ne pouvait pleinement saisir.


Dans Jean 18:33-38, le dialogue entre Jésus et Pilate commence par une question directe : « Es-tu le roi des Juifs ? » Cette question est avant tout politique, car un roi rebelle représenterait une menace pour Rome. Jésus détourne l’attention de cette accusation en demandant à Pilate si cette question vient de lui ou des chefs juifs, recentrant ainsi le débat sur une recherche personnelle de la vérité. Jésus explique que Son royaume n’est pas de ce monde (v. 36), soulignant que Son règne ne constitue pas une menace politique pour Rome. Cette déclaration déroute Pilate, qui perçoit néanmoins que Jésus revendique une royauté différente.


Jésus affirme être venu dans le monde pour « rendre témoignage à la vérité » et ajoute que quiconque est « de la vérité » écoute Sa voix (v. 37). Cette déclaration invite Pilate à dépasser ses préjugés et à réfléchir à la notion même de vérité.


La question de Pilate : "Qu’est-ce que la vérité ?", posée de manière rhétorique, illustre l’incapacité de Pilate à appréhender la profondeur spirituelle des paroles de Jésus. Éduqué dans la culture gréco-romaine, Pilate a probablement été exposé aux courants philosophiques de son époque, où la vérité était souvent débattue sans qu’un consensus clair ne soit atteint. Pour Pilate, la vérité semble relative, influencée par le contexte politique et les intérêts personnels. En posant cette question, il révèle à la fois son scepticisme et sa lassitude face aux querelles religieuses et philosophiques.


Une opportunité manquée : Pilate quitte Jésus après avoir posé cette question, sans attendre de réponse. Ce départ précipité symbolise son incapacité ou son refus d’approfondir la recherche de la vérité. Submergé par les pressions extérieures (la foule, les chefs religieux, la nécessité de maintenir l’ordre), il ne parvient pas à reconnaître la vérité incarnée en Jésus.


Sa question sur la vérité est particulièrement pertinente aujourd’hui parce que notre monde est rempli de vérités abandonnées ou délaissées. L’obscurité du mensonge et la confusion qui en résulte sévit partout. Aujourd'hui, esquiver la vérité, la contourner, et recourir au double langage sont devenus des pratiques acceptées et normalisées. Cette dégradation de la vérité se produit si souvent que les gens sont poussés à se poser la même question que Pilate : « Qu’est-ce que la vérité ? »


La problématique pour les chrétiens réside souvent dans le fait que nous avons une compréhension relativement solide de ce que nous percevons comme la "Vérité". Nous l'exprimons par l’affirmation : "Jésus est la Vérité", et entendons probablement par là que la relation avec Jésus est l’élément le plus significatif de nos vies. Cependant, dans un monde postchrétien, la perception de ce qui est vrai est devenue bien plus complexe.


Quiconque a suivi un cours de philosophie ou d’éthique a été confronté à une variété de définitions de la vérité. Il y a une forte présence du relativisme : la vérité est perçue comme une construction collective, filtrée par nos biais et notre éducation ; elle doit s’aligner sur la réalité ; elle est ce qui est utile ou bénéfique, et ainsi de suite.


Chacune de ces affirmations contient des éléments de vérité et peut même être appliquée à notre perception chrétienne. Cependant, aucune d’entre elles ne fournit une image complète.

Pilate jouait au philosophe lorsqu’il posa, de manière rhétorique, la question : « Qu’est-ce que la vérité ? », sans attendre de réponse.


Bien que notre propre engagement et compréhension de la Vérité, dans le sens chrétien, puissent être affirmés et assurés, nous devons comprendre que nos contemporains séculiers voient cette Vérité à travers le prisme de leur propre parcours, leur éducation et la compréhension collective de leur environnement sociétal. Ils se placent, à juste titre, dans la posture de Pilate en demandant : « Qu’est-ce que la vérité ? ». Et si nous pensons que la réponse réside dans une étude biblique de 24 textes, survolant les versets pour aboutir à une conclusion du type : « Par conséquent, je détiens la Vérité. CQFD ! », notre propre perception de la Vérité chrétienne n’est pas seulement limitée, elle en devient déformée.


Deux points semblent fondamentaux. Premièrement, le Christ est central à toute notion de Vérité. Deuxièmement, cette notion ne peut être transmise que de manière expérimentale, au travers d’une relation dynamique avec Jésus, laquelle éclaire nos relations avec autrui. Une vérité limitée à des débats philosophiques ou théologiques, ou réduite à un ensemble d’affirmations, passe à côté de la perception chrétienne d’une relation vivante et dynamique. Toute la mission et le sacrifice de Jésus avaient pour objectif de développer cette relation dynamique.


La vérité est un thème-clé de l’Évangile de Jean. Étant la Parole éternelle (logos, Jn 1:1-5), Jésus est la Lumière et la Vérité. Tout cela est en contraste avec l’obscurité et l’erreur. Il est plein de grâce et de vérité (Jn 1:14). La grâce et la vérité sont venues par Lui (Jn 1:17). Jean-Baptiste avait rendu témoignage à la vérité (Jn 5:33). Jésus avait affirmé que Son Père est « vrai » (Jn 7:28), et Lui-même avait entendu la vérité de Son Père (Jn 8 :40). La Parole de Dieu est « vérité » (Jn 17:17). Malgré sa question, Pilate avait manqué l’occasion de connaitre la vérité à cause de ses préjugés, de ses décisions antérieures et des pressions exercées sur lui.


Lorsque nous suivons les traces de Jésus, Il nous aide à devenir des diseurs et des faiseurs de vérité. Jésus ne se contente pas de dire la vérité, Il est lui-même la vérité. Après tout, Il a déclaré : « Je suis le chemin, la vérité, et la vie » (Jn 14:6).


Puisse notre témoignage tirer notre entourage des ténèbres du mal vers la lumière éclatante de la vérité de Christ. Puissions-nous, à travers nos vies, faire savoir aux autres que la vérité peut encore se trouver en Christ et en Ses disciples.


Bonne journée sous le bienveillant regard de l’Éternel !

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