DES CŒURS ENDURCIS 

 

Jeudi 03 octobre 2024

Semaine 1 : Des signes qui indiquent le chemin

Thème général : Thèmes dans l'Evangile de Jean

 

Texte à méditer : "À cause de cela, les Juifs cherchaient encore plus à le faire mourir, parce que non seulement il violait le sabbat, mais encore il appelait Dieu son propre Père, se faisant lui-même égal à Dieu " (Jean 5:18).

 

Les signes, les prodiges et les miracles, pris isolément, ne constituent pas une preuve irréfutable de l'origine divine d'un événement. Cependant, lorsqu'ils proviennent véritablement de Dieu, les rejeter constitue un acte périlleux.

 

L'ancien invalide de la piscine de Bethesda n'est pas un ingrat, ni ne cherche à accuser Jésus. Au contraire, en reconnaissant que seul un homme d'une grande autorité a pu le guérir après 38 ans de maladie, il témoigne de la puissance de Jésus. Il révèle l'identité de Jésus non par malveillance, mais par honnêteté, estimant que les chefs religieux devaient savoir qui l'avait guéri. Cette franchise témoigne de sa sincérité (Jean 5:10-15).

 

En demandant à l'homme de porter son lit le jour du sabbat, Jésus savait que cela causerait des réactions, mais Son ordre symbolisait la fin définitive de l'infirmité du malade, effaçant son passé de souffrance : « Lève-toi, prends ton lit, et marche » (Jean 5 :8). Les guérisons n’étaient autorisées le jour du sabbat que dans des situations d’urgence. Cet homme était infirme depuis trente-huit ans ; par conséquent, sa guérison ne constituait pas une urgence immédiate. De plus, quel était le besoin de lui faire emporter son lit ? On pourrait supposer qu'une personne investie de la puissance divine pour accomplir un tel miracle soit également en mesure de discerner s'il est approprié de transporter une natte à domicile le jour du sabbat.

 

Mais, lorsqu’Il le retrouva plus tard dans le temple, Jésus lui dit : « Voici, tu as été guéri; ne pèche plus, de peur qu'il ne t'arrive quelque chose de pire » (Jean 5:14). On constate donc que Jésus ne considérait pas l'acte de porter le lit comme un péché, même si cela enfreignait les règles du sabbat selon les chefs religieux. Concernant le lien entre le péché et la maladie, Jean 9:1-3 nous montre que Jésus sépare les deux, surtout dans le cas de l'aveugle-né – « Ce n'est pas que lui ou ses parents aient péché; mais c'est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui. » Cependant, il est vrai que, dans certains cas, la maladie peut être une conséquence directe du péché.

 

Les cœurs durs, s’ils sont longtemps chéris, conduisent à des cœurs endurcis. Les cœurs des pharisiens étaient opposés à Jésus dès le début, simplement parce qu’Il ne rentrait pas dans leur moule religieux et n’adhérait pas à la rigueur et aux minuties de leurs rituels et de leurs traditions. Ce faisant, ils avaient délibérément ignoré les questions les plus importantes du salut. Debout devant le miracle de l’homme jubilant, autrefois désespéré et sans défense, et qui, pendant des décennies, ne pouvait pas marcher et que Jésus venait de guérir près de la piscine de Béthesda, les dirigeants avaient, d’une manière insensible, négligé la cause évidente de la jubilation. Au contraire, leur préoccupation semblait être l’observation correcte du sabbat. Voici quelques leçons que l'on peut tirer de leur dureté de cœur :

 

- Priorité des règles sur la compassion : Les chefs religieux mettent en avant l'observation rigide de la Loi, en insistant sur le fait que l'homme guéri transporte son lit le jour du sabbat, ce qui est interdit. Ils ignorent la portée extraordinaire de la guérison elle-même. Moralité : l'obsession des règles et des traditions peut aveugler l'esprit au point de perdre de vue l'essentiel : la compassion et la miséricorde. La loi divine ne vise pas à opprimer, mais à libérer et à rendre la vie meilleure.

 

- Incapacité à reconnaître le divin : La dureté de cœur des chefs religieux les empêche de voir l'œuvre de Dieu en action à travers Jésus. Ils n'arrivent pas à discerner la présence de Dieu dans ce miracle, bien qu’il soit évident que cette guérison soit un signe du pouvoir divin. Moralité : les préjugés et l'incrédulité peuvent priver une personne de la capacité à reconnaître le bien qui se passe sous ses yeux.

 

- Un conflit d’autorité : Les chefs religieux voient en Jésus une menace à leur autorité. Ils s'attachent plus à défendre leur position qu’à célébrer la bonté de Dieu manifestée à travers cette guérison. Le désir de préserver le statut social ou l'autorité personnelle peut engendrer une grande résistance à toute forme de changement qui remet en question l’ordre établi, même si ce changement est bénéfique et vient de Dieu.

 

- Le Sabbat mal compris : Jésus rappelle à travers ce miracle que le sabbat a été fait pour l'homme, et non l'inverse. Les chefs religieux avaient transformé le sabbat en un fardeau, oubliant qu’il avait été conçu pour le repos et la communion avec Dieu. Cette opposition montre que lorsque l’on interprète la Loi sans l’esprit qui l’anime, on passe à côté du dessein divin qui est avant tout basé sur l’amour et la liberté.

 

- L’enfermement dans la tradition : La réaction des chefs religieux révèle une rigidité ancrée dans la tradition, au détriment de l’expérience d’une relation vivante avec Dieu. Ils préfèrent se cramponner à des habitudes et à des coutumes établies plutôt que d’accueillir la lumière que Jésus apporte. Cela nous enseigne l’importance d’être ouvert au renouveau spirituel et de ne pas laisser nos traditions empêcher Dieu de se manifester de façon nouvelle.

 

De nombreux autres passages nous enseignent que la dureté spirituelle peut se développer même en face de preuves éclatantes de la puissance divine. Dans Jean 9:1-16, malgré la guérison d’un aveugle-né, les Pharisiens restent sceptiques, préférant remettre en question l’autorité de Jésus plutôt que de reconnaître le miracle. Marc 3:22-23 nous montre des scribes accusant Jésus de travailler par le pouvoir de Satan, malgré les guérisons et délivrances qu'ils voient de leurs propres yeux. Matthieu 12:9-14 décrit des chefs religieux cherchant à accuser Jésus pour avoir guéri un homme le jour du sabbat. Enfin, dans Jean 5:16-18, les chefs juifs cherchent à tuer Jésus pour avoir transgressé le sabbat et revendiqué une relation spéciale avec Dieu. Ces récits révèlent qu’une attitude de préjugé et un attachement rigide aux traditions peuvent rendre aveugle à la vérité, même quand celle-ci est manifeste. La résistance à la grâce divine est souvent liée à l’orgueil, aux intérêts personnels ou à la peur du changement.

 

Le thème d'aujourd'hui contient une leçon profonde. Pour certains d'entre nous, elle est difficile à digérer. Nous aimons nous en prendre aux pharisiens et aux érudits de l'époque de Jésus parce qu'ils ne l'acceptaient pas et rejetaient facilement ses miracles comme venant du diable. Cependant, nous devons nous rappeler que Jésus interagissait avec les conservateurs, qui connaissaient bien les Écritures et qui réagissaient à Jésus sur la base de leur étude.

 

Nous devons comprendre que si Jésus entrait en contact avec nous aujourd'hui, nous réagirions probablement de la même manière. Nous avons l'Esprit de Prophétie pour nous soutenir et, en cas d'échec, nous avons l'Institut de Recherche Biblique (notre Sanhédrin) pour résoudre nos problèmes théologiques à notre place.

 

Il n'est pas affirmé ici que l'erreur est nécessairement de notre côté, mais il faut peu de choses pour que nous nous dressions afin de défendre nos convictions. Ce que l'on souhaite exprimer, c'est que la même attitude manifestée par les Pharisiens dans leur interaction avec Jésus peut se trouver, à l'état latent, dans nos propres cœurs. Il est tout à fait possible que notre emprise tenace sur la théologie aveugle parfois notre vision de l'aspect pastoral du christianisme. Jésus a passé la majeure partie de son temps à s'occuper avec compassion des personnes dans le besoin.

 

« C'est à cela que tous les hommes connaîtront ... »

 

Heureuse journée sous le bienveillant regard de l’Éternel !

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