FOI ET INCRÉDULITÉ DANS L'ÉVANGILE DE JEAN

FOI ET INCRÉDULITÉ 

DANS L'ÉVANGILE DE JEAN 


Jeudi 17 octobre 2024

Semaine 3 : Les dessous de l’histoire sacrée : prologue à l’évangile de jean

Thème général : Thèmes dans l'Evangile de Jean


Texte à méditer : « Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle » (Jean 3 :16).


Dans les passages de Jean 3:16-21, Jean 9:35-41, et Jean 12:36-46, le thème de la croyance et de l'incrédulité, déjà introduit dans le prologue de l'Évangile de Jean (Jean 1 :1-18), est réitéré avec une profondeur accrue.


Dans Jean 3:16-21, Jésus explique que Dieu a envoyé son Fils pour sauver le monde, soulignant que la foi en Lui conduit au salut, à la vie éternelle, tandis que l’incrédulité entraîne la condamnation. Ceux qui préfèrent les ténèbres à la lumière rejettent ainsi cette offre de salut. Dans Jean 9:35-41, l’homme guéri par Jésus confesse sa foi - "Je crois, Seigneur", tandis que les pharisiens, malgré les miracles, demeurent dans leur incrédulité. Jésus déclare que ceux qui pensent voir (les pharisiens) sont en réalité aveugles, renforçant l'idée que l'incrédulité n’est pas simplement un manque de foi, mais une fermeture volontaire à la lumière. Enfin, dans Jean 12:36-46, Jésus exhorte à croire en la lumière, mais beaucoup, malgré les signes, persistent dans l’incrédulité, accomplissant ainsi les prophéties d’Ésaïe soulignant l'endurcissement spirituel du peuple, qui l’empêche de recevoir la lumière divine et d'être transformé – « Seigneur, qui a cru à notre prédication » (Ésaïe 53:1) ?... « Il a aveuglé leurs yeux ; et il a endurci leur cœur … » (Ésaïe 6:10). Ceux qui rejettent la lumière se condamnent eux-mêmes, en restant dans les ténèbres.


Ces textes mettent en lumière un contraste qui traverse tout l’Évangile :  la division de l'humanité entre ceux qui croient en Jésus et L’acceptent comme le Messie, et ceux qui, bien qu’ayant la possibilité de croire, choisissent de ne pas le faire. Onze des douze disciples appartiennent au premier groupe, tout comme d’autres personnes telles que Nicodème (qui arrive progressivement à la foi), la femme au puits, et l’homme né aveugle. Dans le second groupe se trouvent les pharisiens et les grands prêtres, les témoins du miracle de la multiplication des pains pour 5 000 personnes, et même un des disciples, Judas.


Il est intéressant de noter que le substantif pistis (le mot grec pour foi/croyance) n’apparaît jamais dans l’Évangile de Jean. Cependant, le verbe pisteuō (croire) y est utilisé 98 fois, contre 241 fois dans l’ensemble du Nouveau Testament ! Ce verbe constitue, en effet, un thème majeur dans l’Évangile de Jean. L’emploi du verbe plutôt que du substantif pourrait indiquer un sens très actif de la démarche chrétienne. "Croire en Jésus" se manifeste par des actions concrètes et un mode de vie aligné sur Ses enseignements, et ne se réduit pas à une simple adhésion intellectuelle à un ensemble de croyances. Comme nous le savons, même le diable croit en Jésus (voir Jacques 2:19 - "Tu crois qu'il y a un seul Dieu, tu fais bien; les démons le croient aussi, et ils tremblent.")


Dans l’Évangile de Jean, la principale différence entre les deux groupes réside dans leur relation à Jésus. Les croyants, ou ceux qui viennent à la foi, manifestent une ouverture à Son égard, même lorsqu’Il les confronte ou les réprimande. Ils viennent à Jésus et ne fuient pas. Il est la Lumière qui brille sur eux. Et par la foi, en croyant, ils deviennent enfants de Dieu.


Les incrédules, en revanche, viennent généralement à Jésus pour Le combattre. Ils sont caractérisés par leur amour des ténèbres plutôt que de la lumière. Ils trouvent Ses paroles difficiles à accepter. Ils Le perçoivent comme quelqu’un qui brise les traditions anciennes et ne satisfait pas leurs attentes. Ils se placent en juges de Jésus au lieu de laisser Sa lumière les juger. Cette attitude, bien entendu, avait déjà été observée maintes fois chez les chefs religieux qui, idéalement, en tant que guides spirituels de la nation, auraient dû être les premiers à accepter Jésus.


LE LIBRE ARBITRE - Dieu a donné à toutes Ses créatures la liberté de choisir afin qu’elles puissent L’aimer librement. Cependant, elles abusent souvent de cette liberté à leur propre détriment. Certains vont jusqu’à dire que l’un ou l’autre choix, qu’il soit bon ou mauvais, est bon, tant que nous choisissons. Après tout, ils prétendent que la mort de Christ sur la croix leur accorde la liberté de choix et l’immunité contre ses conséquences.


Une telle manière de penser est toutefois dangereuse, car elle incite à l'indifférence face aux choix que l’on fait. Jésus est mort sur la croix pour nous sauver de nos péchés et nous offrir la vie éternelle, et non pour nous accorder la liberté de choix, qui avait déjà été donnée à l'humanité dès le jardin d'Éden – donc bien avant la croix. Ainsi, bien que cette liberté demeure toujours accessible, il est essentiel d'encourager ceux qui se trouvent dans la vallée de la décision à choisir ce qui est juste aux yeux de Dieu. Certains soutiennent que l’issue n’a guère d’importance, car tous les enfants prodigues finiraient par revenir à Dieu. Cependant, beaucoup ne reviennent pas, même si Dieu est toujours prêt à pardonner et à restaurer ceux qui, après s’être détournés, choisissent de croire en Lui.


Si l’on croyait que Jésus est mort non pour nous sauver de nos péchés, mais pour nous offrir une simple liberté de choix, cela pourrait impacter négativement notre approche des décisions morales. L'idée de liberté sans responsabilité face au péché pourrait relativiser la gravité de la désobéissance aux commandements divins, conduisant à un sentiment d’indifférence vis-à-vis des conséquences de nos choix. Or, Dieu ne se contente pas de nous laisser libres sans direction. Son exhortation constante à faire le bien, comme en témoigne l'ensemble des Écritures, démontre qu'Il attend de nous des décisions qui reflètent Sa justice et Sa volonté, loin d'une neutralité morale. La liberté en Christ s’accompagne ainsi de la responsabilité d’obéir, non par contrainte, mais par amour et foi.


Voici l'enseignement central de la réflexion d'aujourd'hui : « Être croyant en Jésus se manifeste dans des actions concrètes et dans la manière de vivre, et ne se résume pas à un simple ensemble de croyances. » Une des leçons les plus difficiles à assimiler concernant la foi chrétienne est que ce ne sont pas tant les croyances qui importent, mais la relation que chacun entretient avec Jésus, qui constitue le fondement du salut. On peut adhérer à des doctrines précises auxquelles on tient fortement. Toutefois, il devient évident avec le temps qu'argumenter en faveur de ces croyances est moins puissant que de vivre une relation d'amour authentique avec Jésus.


Il est aisé de formuler des déclarations qui valorisent des croyances et renforcent la confiance en elles. Cependant, ce qui paraît convaincant aux croyants peut sembler absurde à ceux qui ont une vision séculière. Il est également facile de combattre les doctrines qui diffèrent de celles que l’on considère comme justes. Bien que l’on puisse distinguer entre croyants et non-croyants, il n’appartient à personne de tracer cette ligne de démarcation. En le faisant, on se place en juge, un rôle qui ne revient à aucun être humain. Certains, à l’époque, ont émis ce jugement à l’encontre de Jésus : « Le Fils de l'homme est venu, mangeant et buvant, et ils disent : Voilà un homme glouton et un buveur de vin, un ami des publicains et des pécheurs » (Matthieu 11:19). Jésus répondit alors : « Mais la sagesse a été justifiée par ses œuvres. » Aujourd'hui, en 2024, la foi en Jésus doit inclure l’accueil et l’attention envers les publicains et les pécheurs modernes.

 

Avoir une expertise, quelle qu’elle soit (comme dans le domaine de la Physique), ne sert à rien si cette connaissance n’est pas accompagnée de temps et de patience pour aider les autres. De la même manière, adhérer à des doctrines solides n’a que peu de valeur si l’amour de Jésus n’est pas partagé avec autrui. Ce qui compte réellement, c’est la relation, et non simplement l’accumulation de savoir. Sans agir selon les enseignements de Jésus, il n’est pas possible de prétendre croire véritablement en Lui.


La foi exige un engagement quotidien qui se reflète dans les œuvres et le comportement. Ce principe trouve un écho dans le passage de Matthieu 7:21-23, où Jésus avertit que ceux qui se contentent de dire « Seigneur, Seigneur » sans faire la volonté de Dieu ne connaîtront pas le royaume des cieux. Ainsi, la relation authentique avec Jésus va au-delà des mots. Elle se concrétise dans des actes de foi qui témoignent d’une adhésion profonde à ses enseignements. Ne pas reconnaître cette distinction expose à une forme de croyance vide de substance, qui ne conduit pas à la vie véritable.

Puisse la lumière du Christ guider nos actions en ce jour et éclairer constamment notre foi.

Abondantes grâces de la part du Seigneur !

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