LA PAROLE FAITE CHAIR

 LA PAROLE FAITE CHAIR 

 

Mardi 15 octobre 2024

Semaine 3 : Les dessous de l’histoire sacrée : prologue à l’évangile de jean

Thème général : Thèmes dans l'Evangile de Jean

 

Texte à méditer : « Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père » (Jean 1:14).

 

Littéralement, "Logos" en grec signifie "parole", "discours" ou "expression." À l'époque où Jean rédigea son Évangile, plusieurs courants philosophiques utilisaient le terme Logos pour désigner le principe rationnel qui régit l'univers, ou encore pour évoquer la logique et la raison sous-jacentes à l'ordre cosmique. Dans la pensée grecque, ce terme revêtait une importance particulière, notamment chez les Stoïciens, qui voyaient le Logos comme une force divine immanente, responsable de l'harmonie et de l'organisation du monde.

 

Par ailleurs, l'influent philosophe Platon avait proposé une division de la réalité en deux domaines distincts : d'une part, le monde des Idées, un royaume céleste et immuable où règne la perfection absolue ; et d'autre part, le monde sensible, celui de l'expérience humaine, marqué par le changement, l'imperfection et la périssabilité. Pour Platon, le monde sensible n'était qu'une copie imparfaite des vérités éternelles du monde des Idées. Certaines écoles de pensée postérieures (notamment à travers l'interprétation néoplatonicienne et des théologiens comme Philon d'Alexandrie - un juif hellénistique contemporain de Jean) ont ensuite associé le Logos à un intermédiaire abstrait entre ces deux royaumes, jouant un rôle de médiation entre les formes éternelles et parfaites et les réalités terrestres et imparfaites.

 

L'utilisation du Logos par Jean dans son Évangile, cependant, ne doit pas être vue comme une simple reprise de ces concepts philosophiques grecs (Jean 1:1 : « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu »). Dans l'Évangile de Jean, l’usage du terme Logos dépasse les concepts philosophiques grecs. Jean réinvente le Logos en lui donnant un sens théologique unique : le Logos devient une personne vivante, Jésus-Christ. En identifiant Jésus comme le Logos, Jean fait un lien entre la pensée juive (qui voyait dans la "parole" de Dieu un instrument de création) et la philosophie grecque, qui utilisait le Logos pour expliquer l'ordre du monde. Jean transpose ce concept dans une perspective théologique : le Logos n'est pas une simple abstraction, mais une personne qui est Dieu et qui s'est incarnée. Là où les philosophes voyaient le Logos comme un principe rationnel ou un intermédiaire abstrait, Jean affirme une vérité radicalement différente : le Logos est Dieu fait chair, venu habiter parmi les hommes. Cette transformation profonde du concept grec distingue l’usage du Logos dans l’Évangile de son interprétation philosophique.

 

Le Logos divin (Parole) dans Jean 1:1 est donc utilisé pour signifier la volonté expressive et la puissance créatrice de Dieu. À travers la création et la révélation, Dieu a clairement exprimé Son caractère et Ses actes tels qu’ils sont vus dans les Écritures. Et maintenant, Dieu Se révèle par l’incarnation de Son Fils.

 

Dans Jean 1:14, le seul adjectif précis décrivant Jésus est le mot grec monogenous, traduit par « fils unique », qui signifie littéralement unique. Cette unicité est si importante et si indispensable que notre salut en dépend. Le mot « Fils unique » (Jean 1:14, 18) a été mal appliqué tout au long de l’histoire du christianisme, notamment par le raisonnement selon lequel à un moment indéfini et lointain, avant que toute chose ne soit créé, le Fils a été engendré, ou créé, par le Père éternel. Mais Jean affirme sans aucune hésitation que Christ était Dieu, et avec le Père, de toute éternité : « Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle » (Jn 1:3).

 

Christ s’est fait chair à notre ressemblance (et non à notre similitude), Son humanité a voilé Sa divinité ; pourtant, Il est demeuré pleinement Dieu. En effet, il s’était fait semblable à nous afin de communiquer avec nous ; mais Il était resté différent de ce que nous sommes pour nous sauver. Oui, le mystère de l’Incarnation est difficile à sonder, parce que le Dieu infini s’est efforcé d’atteindre nos esprits limités pour nous sauver. Christ avait volontairement modifié Sa nature éternelle pour préserver notre humanité pour toujours. Au lieu de rester pleinement divin, Il était alors à la fois pleinement divin et pleinement humain. Quelle démonstration tangible d’amour dévoué pour l’univers entier!

 

Les implications de ce que Jean a écrit dans les versets de Jean 1:1-3, 14 sont profondes et touchent à la question centrale de la foi chrétienne : l’incarnation de Dieu en Jésus-Christ. Le fait que Dieu Lui-même, le Créateur de toutes choses, se soit fait homme pour vivre parmi nous, est une démonstration éclatante de l’amour divin, bien au-delà de toute conception humaine.

 

1. Dieu s'est rapproché de l'humanité : Contrairement à de nombreuses idées religieuses où Dieu est perçu comme lointain ou inaccessible, Jean nous montre un Dieu qui se fait proche de Ses créatures, démontrant un désir profond de communion avec l’humanité. En s’incarnant, Dieu est venu dans notre monde, a partagé notre condition humaine et a vécu les réalités de l’existence humaine : les souffrances, les joies, les tentations, et même la mort.


2. Un amour sacrificiel : Il a choisi d’abandonner Son trône, d'accepter l’humiliation et l'abaissement en prenant notre nature. Ce sacrifice, qui a culminé dans la mort de Jésus sur la croix, montre que l'amour de Dieu n'a aucune limite. L’incarnation est la première étape de ce plan d'amour.


3. Une identification totale avec l’humanité : En devenant un être humain, Dieu s’identifie à nous. Jésus a vécu ce que nous vivons. Il est donc le médiateur parfait entre Dieu et les hommes.


4. Un amour incomparable : Cette incarnation n’est pas un simple geste symbolique ; c'est une intervention directe dans l’histoire humaine, une déclaration forte et bouleversante que Dieu aime l’humanité au point de se mettre à notre place, de vivre dans nos conditions. Ce geste d’amour va au-delà de toute attente, car aucun autre concept religieux n’offre une telle intimité entre Dieu et l’homme. Dieu prouve par l'incarnation de Jésus qu’Il nous aime personnellement et inconditionnellement. Il n’a pas seulement envoyé des prophètes ou des anges, mais Il est venu en personne pour accomplir le salut.


5. Une source de réconfort incommensurable : (i) Lorsque nous prions, nous parlons à un Dieu qui compatit avec nous et qui a traversé des épreuves semblables. (ii) Nous ne sommes pas seuls : Dieu n'est pas distant ou indifférent. Il est venu personnellement nous chercher. Ce sentiment de proximité peut être un baume apaisant dans les moments les plus difficiles. (iii) L'espoir d'une rédemption totale : Ce Dieu qui est venu habiter parmi nous et nous sauver ne reculera devant rien pour accomplir ce qu'Il a promis. En se donnant à nous, Il nous a montré qu'Il est totalement engagé dans notre rétablissement spirituel et dans le rétablissement du monde.


6. Un amour qui transforme : En méditant sur cet amour divin, nous sommes appelés à être transformés à notre tour. L’amour que Dieu nous a manifesté en Jésus nous pousse à répondre par un amour semblable envers les autres, à rechercher la compassion, le pardon et la réconciliation.

 

Le Fils de Dieu incarné « a habité » parmi nous (Jn 1:14). « Habité » est la traduction du mot grec skenoo, qui signifie littéralement Il a « demeuré » avec nous. Cette notion renvoie à Exode 25:8, où Dieu dit à Moïse : « Ils me feront un sanctuaire, et j’habiterai au milieu d’eux. » L’idée que Dieu désire être continuellement avec nous est l’un des thèmes majeurs de toute la Bible. Dieu ne veut pas être un résident temporaire, mais un résident permanent. C’est pourquoi le nom donné par le ciel au Dieu incarné est « EMMANUEL », DIEU AVEC NOUS.

 

Le magnétisme est l'un de ces phénomènes de « force à distance » que nous pouvons facilement décrire en Physique, mais dont l'explication nous échappe. Il existe un mystère quant à la raison pour laquelle une force peut agir à distance. Le fait que nous ne puissions pas expliquer ce mystère ne nous empêche pas non seulement de décrire son effet, mais aussi de l'utiliser de manière productive.
De même, nous pouvons vivre la relation profonde que Dieu nous offre même si nous ne pouvons pas expliquer le mystère de la Parole faite chair.

 

Que la grâce du Dieu vivant vous accompagne et vous éclaire et que Sa bienveillance vous guide dans toutes vos actions, aujourd'hui et toujours, sous le regard d'Emmanuel, Dieu avec nous.

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