LA RÉVÉLATION DU MESSIE

 LA RÉVÉLATION DU MESSIE 


Jeudi 31 octobre 2024

Semaine 5 : Le témoignage des Samaritains

Thème général : Thèmes dans l'Evangile de Jean


Texte à méditer : « Je sais que le Messie doit venir - celui qu'on appelle Christ ; quand il viendra, il nous annoncera toutes choses » (Jean 4:25).


Jésus révéla à la Samaritaine qu’il connaissait les aspects les plus intimes de sa vie en lui demandant : « Va, appelle ton mari, et viens ici » (Jean 4.16). Lorsqu’elle répondit qu’elle n’avait pas de mari, Il lui dévoila alors qu’Il savait qu’elle avait eu cinq époux et que l’homme avec qui elle vivait n’était pas son mari. Face à cette lumière trop éclatante pour être contemplée sans détour, la femme reconnut Jésus comme prophète, mais détourna habilement la conversation. Elle avait en effet perçu que Jésus ne parlait pas seulement d’eau matérielle, mais qu’Il abordait des questions d’ordre spirituel. Elle passa alors d’une question sur la nature de l’eau vive à une interrogation sur une controverse religieuse majeure entre Juifs et Samaritains : le lieu légitime de l’adoration. (Jean 4:19-20). Ce questionnement témoignait d’une volonté de saisir le fondement spirituel de l’adoration, au-delà des simples rituels.


Cependant, l’essentiel du problème spirituel de cette femme résidait non dans le lieu d’adoration, mais dans les entraves personnelles qui affectaient sa vie. La confrontation de Jésus à propos de sa vie intime ne visait pas à la condamner, mais à l’amener à une prise de conscience essentielle. Ses péchés n’empêchaient pas Jésus de lui parler de l’Évangile. Cette approche témoigne de la profondeur de l'Évangile, qui s’adresse à chacun sans dissimulation des aspects troublés de la vie, et contraste avec la tendance de certains à vouloir éviter les sujets sensibles pour attirer davantage de fidèles. Certains prétendent en effet que l’Église devrait rester silencieuse sur certains péchés parce que cela découragerait les gens de venir à l’église.


Il est clair dans le contexte de l’époque, que Jérusalem était le bon endroit pour adorer, et non le mont Garizim. Cependant, dans Jean 4:21, Jésus affirme que le lieu physique de l’adoration n’aura bientôt plus la même importance. En effet, Sa venue sur Terre introduit un renversement radical : le système sacrificiel de du temple Jérusalem, centre de l’adoration juive, va être accompli et rendu obsolète par le sacrifice ultime qu’Il est sur le point d’offrir. Cette déclaration souligne que l'adoration véritable ne sera plus liée à un lieu, mais à la sincérité et à l’engagement spirituel de l’individu.


Néanmoins, il est indéniable que le salut provient des Juifs, comme Jésus le rappelle dans Jean 4:22. En effet, Il est issu de la lignée d’Israël, et le plan de salut a été, dans son accomplissement historique, initialement dirigé vers le peuple juif. De cette manière, Jésus reconnait l’origine et la vocation historique d’Israël, tout en ouvrant la voie à une adoration plus universelle et spirituelle.


Dans Jean 4:23-24, Jésus invite la femme samaritaine à comprendre l’adoration comme une démarche inspirée et guidée par l'Esprit de vérité - ‘adorer en esprit et en vérité’ ou adorer « par l’Esprit qui conduit à la vérité. » Il met en avant une adoration authentique, qui transcende les simples rituels et s'ancre dans une attitude juste, nourrie par la vérité des Écritures. Le Saint-Esprit, source de cette disposition intérieure, devient le guide de ceux qui cherchent à adorer véritablement, en se détournant des perspectives éphémères et modernistes qui s'écartent des enseignements bibliques.


La progression spirituelle de la femme est manifeste tout au long de son échange avec Jésus (Jean 4:25). D’abord perplexe et presque dubitative - pensant sans doute, au départ, que Jésus était insensé de lui proposer de l’eau sans même avoir de quoi puiser dans le puits - elle passa progressivement d’une interprétation superficielle des paroles de Jésus à une compréhension plus profonde. Elle perçut d’abord en Lui une source d’eau miraculeuse, capable de transformer sa vie, puis, finalement, le Messie tant attendu. La manière dont Jésus s’adressa à cette femme témoigne d’une méthode douce mais pénétrante pour aborder une personne initialement hostile. Au lieu d’une confrontation directe, Il engagea un dialogue sincère, suscitant progressivement chez elle une réflexion qui l’amena à réévaluer ses conceptions spirituelles et personnelles.

 

Enfin, Jésus révéla sans ambiguïté son identité à la femme en lui affirmant qu’Il est le Messie : « Je le suis, moi qui te parle » (Jean 4:26). Cette déclaration, que les Commentaires bibliques d’Albert Barnes identifient comme la première profession ouverte de sa messianité, est d'autant plus significative qu’elle s’adressa non pas à une grande foule ou à un personnage important, mais à une Samaritaine anonyme, seule, au puits de Jacob. Il s’intéresse encore aujourd’hui à toute âme solitaire qui se sent séparée et seule. Et ainsi, à cette femme, qui n’était pas seulement d’une culture étrangère, mais qui n’était pas non plus du caractère moral le plus élevé, Jésus révéla ouvertement qui Il est.


Il est intéressant de noter que dans les conversations entre Jésus et Nicodème, ainsi qu’entre Jésus et la femme samaritaine, le Christ livre des aperçus profonds sur la nature de la divinité et sur la relation entre le Créateur et la créature. Dans cet échange, Jésus souligne que la véritable adoration transcende la loi et le lieu ; elle implique une connexion intime avec Dieu. Soyons clairs : il ne s’agit pas ici de mysticisme, mais d’une relation vécue.


Par ailleurs, il est pertinent de revoir certains de nos échanges. Combien de fois nous engageons-nous dans des débats acerbes sur l’interprétation et la liturgie ? Parfois, nous autres chrétiens avons une vision très exclusive (possessive) de Dieu et voulons que chacun sache que nous détenons la vérité. Il n’y a rien de mal à être dans le vrai, mais faire savoir à tout le monde que nous avons raison n’est pas le meilleur moyen d’influencer les autres. Il faut un certain temps pour comprendre que les gens n’aiment pas qu’on leur dise qu’ils ont tort.

C'est ce que rapporte Jean :

"Ce qui compte aux yeux de Dieu, c’est qui vous êtes et la manière dont vous vivez. Votre adoration doit engager votre esprit dans la recherche de la vérité. Voilà les personnes que le Père recherche : celles qui se présentent simplement et sincèrement devant lui dans leur adoration. Dieu est pure essence – Esprit. Ceux qui l’adorent doivent le faire du plus profond de leur être, avec leur esprit, leur moi véritable, dans une adoration sincère" (Jean 4 : 23-24 - version ‘The Message’).


Puisse nos échanges refléter la divinité de Jésus plutôt qu’un désir égoïste de justifier notre propre raison. Que la grâce divine éclaire nos paroles et guide nos cœurs dans l’humilité et la vérité.


Bonne journée sous le bienveillant regard de l’Éternel !

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