LAZARE
LAZARE
Vendredi 11 octobre 2024
Semaine 2 : Des signes de
divinité
Thème
général : Thèmes dans l'Evangile de
Jean
Texte à méditer : «
Jésus lui dit : Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi
vivra, quand même il serait mort ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra
jamais » (Jean 11:25-26).
Jean 11 est empreint de
tristesse : l'annonce douloureuse de la maladie d'un ami cher (Jn 11:1-3), les
lamentations liées à sa mort (Jn
11:19, 31, 33), les plaintes des sœurs regrettant que Lazare ne soit pas décédé si
Jésus avait été présent (Jn 11:21, 32), et enfin, les larmes mêmes de Jésus (Jn
11:35).
Lazare, frère de Marie et Marthe, tombe
gravement malade. En désespoir de cause, ses sœurs envoient un message à Jésus,
espérant qu'Il
viendra sauver "celui qu'Il aime" (Jean
11.1-3). L'amour
que Jésus porte à Lazare est explicitement mentionné, non pour rappeler à Jésus
ce fait, mais peut-être pour exprimer l'intensité des attentes de ses proches. Cependant, malgré cet appel
pressant, Jésus retarde volontairement Son intervention.
Ce retard semble paradoxal, d’autant
plus que Jésus affirme que cette maladie n’aboutira pas à la mort. Pourtant,
Ses actions, ou plutôt Son inaction immédiate, laissent penser qu’Il ne répond pas à
l’urgence (Jean 11.4-6). Ce contraste entre l'amour de Jésus pour
Lazare et Son choix de différer Sa venue intrigue, d’autant plus que les
disciples eux-mêmes s’opposent au voyage, craignant pour la vie de leur maître.
Face à cette situation tendue, Jésus
enseigne une vérité profonde : il existe un temps pour agir dans la lumière. Nous
disposons tous d'un certain temps. Jésus a encore un peu de temps à vivre sur terre, c'est
pourquoi il va continuer à faire des œuvres de lumière - même si cela semble incompréhensible pour
Ses disciples (Jean 11.9-10).
Dans Jean 11.11-16, les disciples ne semblent pas convaincus que se
rendre auprès de Lazare soit une bonne idée. En effet, ils considèrent ce
voyage risqué, car il expose Jésus à un danger de mort. Thomas exprime même
un certain fatalisme en suggérant que, s'ils y vont, ils mourront tous avec
Lui. Leur incompréhension face à la mission de Jésus et leur crainte pour leur
propre sécurité montrent qu'ils perçoivent la situation comme absurde et
dangereuse.
La mort de Lazare survient, et
Marthe, en rencontrant Jésus, exprime un reproche à peine voilé : si Jésus était venu plus tôt,
son frère serait encore vivant. Marie, quant à elle, reste en retrait, apparemment en proie à une colère
sourde contre celui qui aurait pu empêcher cette tragédie. Pourtant, Marthe,
tout en accusant indirectement Jésus, reconnaît Sa véritable nature, affirmant qu’Il est le Messie, le Fils
de Dieu,
descendu du ciel (Jean 11.20-27). Il n'est pas
nécessaire de partager pleinement la conviction de Marthe pour accepter que
Jésus guérisse Lazare. En effet, Jean rapporte ce miracle avant tout pour
révéler la nature divine de Jésus. L'acte de ressusciter Lazare sert à
démontrer que Jésus est le Fils de Dieu, maître de la vie et de la mort. Ainsi,
ce miracle transcende la simple foi individuelle
et s'inscrit dans un dessein plus grand : attester de la divinité de
Jésus à travers Ses actions.
Lors de Sa rencontre avec Marie,
Jésus est confronté à une douleur profonde. Marie, tout comme Marthe, l’accuse
de négligence. Jésus,
ému, verse des larmes,
non seulement à cause de la mort de Lazare, mais aussi en raison de l'amour
qu'Il porte à ces familles éprouvées (Jean 11.32-35). Cependant, ces larmes précèdent l’un des
miracles les plus marquants de l’Évangile : la résurrection de Lazare, accomplie par la
seule puissance de Sa parole.
Lorsque Jésus pleure devant la tombe
de Lazare, certains des témoins s'étonnent de Son émotion, se demandant pourquoi Il
n'est pas intervenu plus tôt pour empêcher la mort de celui qu'Il aimait (Jn 11:36-37). Ce sentiment reflète sans
doute ce que ressentent Marthe et Marie, qui expriment leur tristesse et leur
incompréhension face à l'inaction apparente de Jésus.
Cependant, la suite du récit révèle
que le plan divin transcende les attentes humaines. En approchant de la tombe,
malgré la décomposition avancée du corps de Lazare, Jésus insiste sur le fait
que cet événement est destiné
à manifester la gloire de Dieu (Jn 11:38-40). Le miracle à venir
n’est pas simplement une démonstration de puissance, mais une révélation de la maîtrise
absolue de Dieu sur la vie et la mort.
Jésus ramène Lazare à la vie par la seule force de Sa parole (Jn 11:41-44). Ce
geste rappelle le pouvoir créateur de Dieu, qui, par le verbe, a fait surgir l’univers du néant. La résurrection de
Lazare témoigne de cette même puissance divine, capable de transformer la mort en vie par un simple commandement.
Enfin, cette
résurrection diffère de celle du dernier jour (Jn 11:24-25). Alors que
Lazare est ramené à la vie terrestre, la résurrection finale promise par Jésus
ouvre la voie à la vie éternelle, où la mort n'aura plus d'emprise. Le
miracle de Lazare préfigure ainsi la résurrection universelle, tout en affirmant la nature divine
de Jésus et le triomphe de la vie sur la mort.
Après
la résurrection de Lazare, de nombreux témoins commencent à croire en Jésus,
tandis que d'autres rapportent cet événement aux responsables juifs (Jn
11:45-47). Ces derniers, préoccupés par l'influence croissante de Jésus, s'interrogent sur la menace que représente Sa popularité.
Face à cette situation, le conseil des chefs religieux décide de mettre à mort Jésus (Jn
11:53). Leur décision repose sur une logique qui, bien que cruelle, s'aligne
avec leurs préoccupations politiques et religieuses. En éliminant Jésus, ils
pensent éviter un soulèvement et maintenir leur pouvoir en préservant la
stabilité de la nation. Cependant, cette résolution ne tient pas compte de la
véritable signification des miracles de Jésus ni de Sa mission divine, révélant
une approche pragmatique mais aveugle face à la
manifestation de la gloire de Dieu.
Une fois de plus, Jésus utilise le divin « JE
SUIS » (la résurrection et la
vie)
pour souligner qu'Il ne se contente pas de donner la vie, mais qu'Il est la Vie
elle-même. Cette promesse assure son accomplissement lorsque Jésus reviendra
pour ramener Ses bien-aimés auprès de Lui. Ceux qui dorment en Christ seront
réveillés en un instant à la résurrection, comme si aucun temps ne s'était
écoulé. Jésus avait affirmé cette glorieuse réalité en rassurant Ses disciples
: « car je vis, et vous vivrez aussi » (Jn
14:19). En croyant en ces vérités bibliques, il n'y a vraiment aucune raison
de craindre la mort. Jean réitère cette vérité dans sa première épître : «Dieu nous a donné la vie éternelle, et cette vie est dans son
Fils. Celui qui a le Fils a la vie ; celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas
la vie » (1 Jn 5:11-12).
Bien que les Écritures, notamment dans Jean 14:19 et
1 Jean 5:11-12, nous offrent une assurance claire du salut en Christ, l’actualisation
de cette assurance dans nos vies demeure un défi pour plusieurs
raisons. La condition humaine, marquée par des limitations physiques,
émotionnelles et spirituelles, nous confronte à des doutes, à des craintes et à
des incertitudes, malgré la promesse divine. La peur de la mort, même pour un
croyant, trouve souvent sa source dans la séparation qu'elle impose, la
méconnaissance du moment et de la manière dont elle surviendra, ainsi que l'attachement naturel à cette vie et à ceux qui nous entourent.
La foi en Christ nous garantit la vie éternelle,
mais la mort reste une épreuve inconnue, que notre nature humaine appréhende
instinctivement. Par ailleurs, cette peur peut être alimentée par le sentiment de
ne pas être suffisamment préparé spirituellement ou par la crainte de n’avoir
pas pleinement répondu à l’appel de Dieu dans cette vie. Ainsi, bien que
la parole de Dieu nous appelle à vivre sans crainte, l’ancrage de cette
confiance en Christ dans le quotidien nécessite une démarche constante de foi,
de prière, et de communion avec Lui, afin que Sa paix
surpasse nos appréhensions et renforce notre assurance en Sa promesse de vie
éternelle.
Bonne fin de semaine sous la douce vigilance de l’Éternel
!
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