LE MESSAGE
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Vendredi 1er novembre 2024
Semaine 5 : Le témoignage des Samaritains
Thème
général : Thèmes dans l'Evangile de
Jean
Texte à méditer : « … nous l'avons entendu nous-mêmes, et nous savons qu'il est
vraiment le Sauveur du monde »
(Jean 4:42).
La conversation
entre Jésus et la Samaritaine fut interrompue par l'arrivée des disciples. Bien
qu'étonnés de Le voir converser avec une femme, ils s'abstinrent de toute
question à ce sujet et L'encouragèrent à prendre quelque nourriture (Jean 4:27,31).
La femme,
quant à elle, touchée
par la révélation qui lui avait été faite, abandonna sa cruche pour retourner
dans la ville. Il est intéressant de noter que les tâches qu’elle avait
l’intention d’accomplir n’avaient pas été accomplies. Elle était censée ramener
une jarre d’eau à son village de Sychar, mais dans son excitation à propos
de son incroyable découverte de l’Eau de vie, elle avait laissé la jarre
d’eau remplie derrière elle. Elle avait eu l’intention de donner de l’eau à
Jésus pour étancher Sa soif, mais elle n’avait pas pu le faire parce qu’elle
était partie si précipitamment. Son attitude souligne l’urgence ressentie par cette femme qui fit passer
la proclamation de la bonne nouvelle avant ses propres besoins matériels. Sa priorité devint de témoigner de sa rencontre avec
celui qu’elle soupçonnait être le Christ (Jean 4.28-30).
Bien que Jésus lui ait
clairement affirmé qu’il est le
Messie, elle s’adressa aux habitants de la ville en disant
: « Ne serait-il pas le Christ ? » Cette question, loin d’exprimer un
doute quelconque de la part de cette femme, incita ses auditeurs à s’impliquer
activement dans une réflexion personnelle et collective, suscitant chez eux un
désir de rencontrer eux-mêmes Jésus. Ainsi, son témoignage éveilla une
curiosité qui les poussa à chercher la vérité par eux-mêmes (Jean 4.28-30). L’impact de sa question fut tel qu’ils décidèrent
de venir voir par eux-mêmes si Jésus était le Messie.
Alors que les disciples
de Jésus lui proposèrent de manger, celui-ci leur répondit en des termes
énigmatiques, affirmant que sa nourriture est de faire la volonté de Dieu
(Jean 4.31-33). Avez-vous déjà été
tellement impliqués dans une tâche au point d’oublier que vous aviez faim ? Cette déclaration invitait ses disciples à une méditation plus profonde
sur l’essence de sa mission, révélant que l’accomplissement du dessein divin
lui procurait une satisfaction aussi intense que celle apportée par la
nourriture physique. Jésus poursuivit en évoquant l’analogie de la récolte
et des moissons, parlant de nourriture alors qu’il désignait
clairement des personnes. Cette analogie non seulement nous aide à
comprendre la nature de l’évangélisation, mais elle correspond également à la
déclaration de Jésus, selon laquelle partager
l’Évangile lui donne de l’énergie (source de revitalisation) au même titre que manger de la
nourriture. Jésus transmet l’idée que le partage de l’Évangile est une nourriture
spirituelle, une tâche qui apporte à l’évangéliste une force nouvelle (Jean
4.34-36).
Cette métaphore agricole
est ensuite développée par Jésus, soulignant que chaque personne est appelée
à contribuer à la moisson spirituelle. Il rappelle que, dans ce processus
de conversion, le rôle de chacun s’inscrit dans une continuité : certains sèment, d’autres
récoltent, mais tous participent à l’accomplissement du même dessein
(Jean 4.37-38). C’est merveilleux ! Nous n’avons pas à prendre
sur nos épaules la conversion proprement dite. Ce que nous prenons sur nos
épaules, c’est de conduire les autres à Christ.
En écoutant le
témoignage de la Samaritaine, les habitants de la ville sont intrigués par les
révélations de Jésus sur le passé de cette femme. Son récit, associé à son
questionnement sur l’identité de Jésus, suscite en eux une foi naissante et les
amène à s’interroger sur la véritable nature de cet homme (Jean 4.39).
Finalement, les
Samaritains, après avoir écouté Jésus en personne, proclament leur foi en lui,
reconnaissant qu’il est bien le Sauveur du monde. Ce processus de conversion,
initié par le témoignage de la Samaritaine, illustre parfaitement l’analogie de
la moisson : la femme a semé les graines de la foi, et Jésus, en enseignant
directement les Samaritains, a pu récolter le fruit de cette première semence (Jean
4.40-42).
Le choix de cette femme
comme intermédiaire pour amener les Samaritains à Jésus est profondément
significatif. Malgré son
passé, elle devient un instrument de la grâce divine, prouvant que l’œuvre
de Dieu peut se manifester par des voies inattendues et que chaque témoignage,
aussi humble soit-il, possède la puissance d’ouvrir les cœurs à la vérité.
Ces dernières
décennies, nous avons assisté à l'essor des « méga-églises »,
généralement centrées autour de la prédication d’une seule personne. Il arrive
même que des amis vous invitent à regarder tel ou tel prédicateur sur YouTube,
sous prétexte qu’il prêche l'Évangile avec grande puissance. L’une des
préoccupations face à cette approche de l'Évangile est qu’elle tend souvent à mettre
en avant la personne qui proclame le message, plutôt que le message lui-même.
Au fil des années, l’on a pu observer certains de ces prédicateurs vaciller.
Lorsqu’un tel événement survient, leurs adeptes perdent souvent la foi.
Il ne saurait être
nié en aucun cas l'efficacité d'un bon prédicateur, mais il nous faut veiller à ce que notre prédication de l'Évangile
soit centrée sur le Christ. Le commentaire que Jean fait au sujet du
témoignage de la Samaritaine est d'une importance capitale :
« Plusieurs
Samaritains de ce village crurent en lui à cause du témoignage de la femme : “Il
savait tout ce que j’ai fait. Il me connaît !” Ils lui demandèrent de
rester, et Jésus demeura deux jours auprès d’eux. Beaucoup d’autres mirent leur
confiance en lui en entendant ses paroles. Ils dirent alors à la femme : “Ce
n’est plus sur ton dire que nous croyons. Nous l’avons entendu par nous-mêmes
et nous savons avec certitude qu’il est le Sauveur du monde !” (Jean
4:39-42 – Paraphrase de ‘The Message’) Cela ne nie en rien l'œuvre de la
Samaritaine, mais souligne plutôt que Jésus en est
le centre. Ceci nous interpelle quant
à notre témoignage aujourd’hui : orientons-nous les âmes vers le Christ, ou
construisons-nous notre propre « empire » ?
Dans la
culture juive de l’époque de Jésus, il y avait une obligation de rendre la
pareille à l’hospitalité, ce qui était acceptable lorsque le réciproque était
un compatriote juif, mais pas lorsqu’il s’agissait d’un Samaritain. Recevoir
une faveur et rendre la pareille avait tendance à rapprocher les gens les uns
des autres. Pour cette raison, les Juifs étaient totalement opposés à cette
pratique envers les étrangers. Bien qu’Il fût un rabbin juif, Jésus « acceptait l’hospitalité de ces gens méprisés. Il dormait sous leurs toits, mangeait à leurs tables »
E. White, Le ministère de la guérison, p. 17. Une telle approche était
un moyen efficace de donner
de la valeur aux autres et de les aider à se sentir utiles et importants.
Nous
trouvons souvent difficile de pratiquer la réciprocité dans notre rapport aux
autres. Peut-être parce que nous nous sentons si bénis par les merveilleuses
vérités que Dieu nous a données, nous avons tendance à être des aides, mais
souvent nous ne nous permettons pas d’être les bénéficiaires de l’aide. Puissions-nous
croître en sagesse et en vertu, en nous revêtant d'humilité et en suivant
l'exemple du Christ, dans l'art de donner et de recevoir. Que Son esprit
guide chacun de nos pas et inspire notre dévouement.
Bonne fin
de semaine sous le bienveillant regard de l’Éternel !
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