LE TÉMOIGNAGE DES SAMARITAINS

 LE TÉMOIGNAGE DES SAMARITAINS 

 

Dimanche 27 octobre 2024

Semaine 5 : Le témoignage des Samaritains

Thème général : Thèmes dans l'Evangile de Jean

 

Texte à méditer : « Et ils disaient à la femme : ce n’est plus à cause de ce que tu as dit que nous croyons ; car nous l’avons entendu nous-mêmes, et nous savons qu’il est vraiment le Sauveur du monde » (Jean 4:42).

 

Dans toute société, certains individus ou groupes se voient malheureusement assigner une réputation défavorable, perçus comme inférieurs pour diverses raisons. À ce sujet, souvenons-nous de la question de Nathanaël, futur disciple du Christ, qui interrogea Philippe en ces termes au sujet de Jésus : « Peut-il venir quelque chose de bon de Nazareth ? » (Jean 1:46). L'Apôtre Paul, dans son épître à Tite, reprend également des propos peu élogieux en affirmant : « Les Crétois ont toujours été des menteurs, ce sont des bêtes méchantes, des gloutons et des fainéants » (Tite 1:12).

 

Cette semaine, Jean nous invite à porter notre regard sur les Samaritains, un peuple que les Juifs, à l'époque, tenaient en mépris en raison de mariages mixtes et de divergences religieuses apparues après la déportation à Babylone. Entre Juifs et Samaritains s'était ainsi installée une haine réciproque, empreinte de méfiance. Dans ce contexte de défiance mutuelle, Jésus adopte une posture radicalement différente. Plutôt que de manifester arrogance ou jugement, il se tourne vers les Samaritains avec une compassion empreinte de bienveillance et d’ouverture, nous montrant ainsi la voie d'une réconciliation fondée sur l’amour inconditionnel.

 

CITATIONS

• "J’aime réfléchir à l’histoire biblique de la femme au puits et à l’état chaotique de sa vie. Jésus lui rappela qu’elle avait eu cinq maris et qu’elle vivait avec un sixième. Pourtant, c’est elle que Jésus choisit pour annoncer la bonne nouvelle de l’arrivée du Messie à son village." - Terri Blackstock

 

 "Ce n'est pas l'eau qu'il est venu chercher au puits. C'était moi." - La femme au puits. Johnny R. Powell

 

 "Au fur et à mesure de ma lecture, mon soupçon que Jésus puisse être réellement le Messie s'est confirmé." Jay Sekulow, How a Jewish Lawyer from Brooklyn came to believe in Jesus (Comment un avocat juif de Brooklyn en est venu à croire en Jésus) après avoir lu Ésaïe 53 et Daniel 9.

 

• "Vous constatez cependant la faiblesse des preuves extérieures et des miracles visibles ; ils n’étaient pas suffisants pour faire de vrais croyants ou pour que les Israélites croient que Jésus était leur Messie promis." - Elias Hicks

 

• "Jésus était charpentier, mais il était aussi le Messie. Ne confondez donc pas votre métier avec votre vocation." - Tare Munzara

 

• "Alors que Jésus répondait aux attentes humaines primordiales liées à la divinité, de nombreux Juifs de l'époque avaient des attentes différentes et inconsistantes liées au Messie. De nombreux Juifs qui attendaient un sauveur et un rédempteur "spirituel" sont devenus des adeptes du Christ, mais les Juifs qui attendaient un roi et un conquérant temporel (qui sauverait la nation d'Israël et restaurerait le royaume juif) ne l'ont pas fait. Jésus a répondu aux attentes de ceux qui recherchaient la vérité éternelle et spirituelle." -  J. Warner Wallace

 

QUESTIONS

Qu'y a-t-il de si surprenant dans cette histoire sur les Samaritains ? Que retenons-nous de la discussion de Jésus avec la femme au puits ? Quels furent les résultats de la visite de Jésus dans le village samaritain ? Comment expliquer le symbolisme de "l’eau vive" ? Pourquoi Jean choisit-il d’inclure ce récit de la réponse d’une non-Juive à Jésus ? Comment cela s’intègre-t-il dans la mission de Jésus ?

 

LA SEMAINE EN BREF

L’histoire de la femme au puits nous offre un modèle de l’approche pour atteindre autrui. Jésus capta l’attention et l’intérêt de cette femme, la surprit par ses déclarations, la convainquit qu’il détenait la vérité et qu’elle pouvait lui faire confiance pour son salut éternel. Elle courut alors au village en demandant : « Ne serait-ce pas le Messie ? » (Jean 4:1-42). Jean 3:26-30 représente le témoignage de Jean-Baptiste sur Jésus. Jérémie 2:13 et Zacharie 14:8 évoquent l’eau vive, et Ézéchiel 36:25-27 fait référence à Dieu purifiant son peuple avec une eau pure.

 

COMMENTAIRE

L'origine de l’animosité entre Juifs et Samaritains remonte à plusieurs événements historiques et culturels complexes :

1. La déportation et les mariages mixtes (722 av. J.-C.) : Après la mort du roi Salomon, le royaume d'Israël fut divisé en deux : le royaume du Nord, Israël, avec pour capitale Samarie, et le royaume du Sud, Juda, avec Jérusalem pour capitale. En 722 av. JC., les Assyriens envahirent le royaume d’Israël, déportant une partie de la population israélite et introduisant des populations étrangères. Ces colons, se mariant avec les habitants restants, donnèrent naissance aux Samaritains, dont la culture et la religion prenaient des caractéristiques différentes de celles des Juifs de Juda, restés fidèles au culte de Jérusalem. Pour les Juifs, ces mariages mixtes étaient considérés comme une impureté qui dérogeait aux lois de la Torah.

2. L'opposition à la reconstruction du temple de Jérusalem (vers 538-515 av. J.-C.) : À leur retour de l'exil babylonien, les Juifs entreprirent la reconstruction du temple de Jérusalem. Les Samaritains, souhaitant y prendre part, furent exclus par les chefs juifs, qui considéraient leur pratique religieuse comme impure. Face à ce rejet, les Samaritains tentèrent d'entraver la reconstruction en adressant des plaintes aux autorités perses, nourrissant une méfiance et une rivalité croissante. Cette exclusion conduisit les Samaritains à bâtir leur propre temple sur le mont Garizim, renforçant les bases d'une opposition durable.

3. Les lieux de culte concurrents (vers le IVe siècle av. J.-C.) : Les Samaritains établirent leur propre lieu de culte sur le mont Garizim, où ils construisirent un temple qui concurrençait celui de Jérusalem. Cette rivalité religieuse nourrissait une profonde tension : les Juifs considéraient le temple de Jérusalem comme le seul lieu légitime pour adorer Dieu, alors que les Samaritains revendiquaient la même légitimité pour leur temple sur le mont Garizim.

4. La destruction du temple samaritain : En 128 av. J.-C., le roi juif Jean Hyrcan détruisit le temple des Samaritains sur le mont Garizim. Cet acte intensifia l’hostilité entre les deux communautés, renforçant le ressentiment et le mépris mutuel.

5. Des différences religieuses persistantes (à travers les siècles) : Les Samaritains ne reconnaissaient que le Pentateuque (les cinq premiers livres de la Bible) et rejetaient les autres écrits de la Bible hébraïque que les Juifs considéraient comme sacrés. Cette divergence doctrinale accentuait leur distinction et leur opposition.

Ainsi, entre conflits historiques, divergences religieuses et actes hostiles, l’animosité entre Juifs et Samaritains s’est enracinée dans des siècles de méfiance et de ressentiment. Ce contexte d'hostilité a perduré jusqu'à l'époque de Jésus.

 

Le témoignage des premiers disciples juifs, qui reconnurent en Jésus le Messie attendu, constituait le thème de notre réflexion la semaine passée. Cette semaine, c’est un témoignage plus inattendu encore que nous explorons : celui des Samaritains. Là où les Juifs, bien que parfois sceptiques, attendaient la venue d'un sauveur, les Samaritains, eux, étaient perçus comme étrangers aux promesses messianiques d’Israël. Pourtant, c’est dans ce contexte d’hostilité et de différences culturelles que les Samaritains vont, à leur tour, reconnaître en Jésus "le Sauveur du monde." En somme, le témoignage des Samaritains que Jésus est le Messie symbolise l’ouverture de l’Évangile à toute l’humanité, la possibilité de réconciliation entre les peuples, et la capacité du message de Jésus à transcender les divisions historiques et religieuses.

 

Puisse chacun trouver dans cette réflexion un encouragement à considérer l’autre avec un regard renouvelé. En revisitant ces récits, que chacun de nous trouve le courage d'ouvrir son cœur à ceux qui nous paraissent différents/hostiles, et de partager, à notre tour, l'espérance et l'amour inconditionnel du Christ.

 

Je vous souhaite une semaine enrichissante et pleine de lumière, guidée par la sagesse et l’amour du Christ.

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