PREMIER TÉMOIN : JEAN LE BAPTISTE
PREMIER TÉMOIN : JEAN LE BAPTISTE
Lundi 21 octobre 2024
Semaine 4 : Les témoins du
Christ comme Messie
Thème
général : Thèmes dans l'Evangile de
Jean
Texte à méditer : « Il y eut un homme envoyé de Dieu : son nom était Jean.
Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que
tous crussent par lui. Il n'était pas la lumière, mais il parut pour rendre
témoignage à la lumière »
(Jean 1:6-8).
Comme on l’a vu la
semaine dernière, l’Évangile de Jean s’ouvre sur la présentation de
Jésus-Christ, la Parole, existant de toute éternité avant la création du monde.
Dans ce même prologue, Jean-Baptiste apparaît comme un témoin de Jésus : « Il n’était
pas la Lumière, mais il fut envoyé par Dieu pour
témoigner de la Lumière » - Jean
1:6-8).
À l’époque de
Jésus, certains Juifs s’attendaient à la venue de deux messies : l’un de nature
sacerdotale, l’autre de nature royale. Les attentes messianiques
étant élevées en Judée, il était essentiel pour ces juifs que Jean-Baptiste, dont la notoriété
grandissait, clarifie sa position vis-à-vis de celles-ci. Les sacrificateurs et des Lévites, envoyés par les chefs
religieux pour interroger Jean-Baptiste, semblaient nourrir
l'idée qu'il pourrait être le Messie tant attendu (Jean 1:19-20). La question
qu'ils lui posèrent, "Qui es-tu ?", révèle leur préoccupation face à
l'influence grandissante de Jean et laisse entrevoir leurs attentes
messianiques. Face à cette interrogation, Jean-Baptiste,
loin de chercher à tirer avantage de la situation, nia
catégoriquement être le Messie.
Lorsque
l'on examine plus en profondeur le témoignage de Jean, son
rejet de toute prétention messianique mérite d’être souligné. Il est de
nature humaine de se laisser séduire par l'idée d'une grandeur personnelle.
Nombreux sont ceux qui, confrontés à l’opportunité de se voir attribuer un
statut prestigieux, pourraient être tentés d'y adhérer, consciemment ou non.
Cependant, Jean-Baptiste se distingue ici par une humilité exemplaire. En
renonçant à une telle reconnaissance, il renforce la crédibilité de ses propos.
Son témoignage gagne en authenticité, précisément
parce qu’il ne sert pas ses propres intérêts.
Par
la suite, dans Jean 1:21, les responsables juifs
interrogent Jean-Baptiste pour savoir s'il est "Élie" ou "le prophète
annoncé par Moïse" (Moïse avait en effet prophétisé qu’un « prophète » comme lui se lèverait,
dans Deutéronome 18:15). Jean, loin de prétendre à ces figures
prestigieuses, refuse toute association avec elles.
Pour
préciser son identité, Jean-Baptiste se définit
plutôt comme une "voix" (Jean 1:23). Il cite le prophète Ésaïe en affirmant : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert :
Aplanissez le chemin du Seigneur, comme a dit Ésaïe, le prophète. » (Ésaïe
40:3). À une époque où les routes étaient souvent
accidentées et rocailleuses, il arrivait que des serviteurs soient envoyés en
avant du cortège royal pour niveler la surface et adoucir les virages,
préparant ainsi un chemin digne du roi. De même, en accomplissement de la
prophétie d'Ésaïe 40:1-5, Jean-Baptiste est venu,
non pour aplanir des chemins physiques, mais pour
préparer les cœurs des hommes à la venue de Jésus.
Jean revendique un rôle
distinct (de celui du Messie) mais néanmoins important. En rejetant les titres
que les responsables juifs sont prêts à lui accorder, il se positionne comme le
simple précurseur du Messie, un rôle modeste au regard des attentes de ses
interlocuteurs, qui, pourtant, le conforte dans la vérité de sa mission. Le messager dont la tâche est de préparer le
peuple à la venue du Messie.
Les versets de Jean
1:24-25 soulignent la perplexité des
hommes envoyés par les responsables juifs face à cette
réponse : « Si tu n’es pas le Messie, ni Elie, ni le Prophète,
pourquoi donc baptises-tu ? » Ne comprenant pas pourquoi quelqu'un
qui ne prétend ni être le Messie, ni Élie, ni le prophète, s’arroge néanmoins
l’autorité de baptiser, ils le remettent en question. Pourquoi un rôle moindre de Jean rendrait-il
son baptême inapproprié ? Le commentaire d’Albert Barnes nous informe que les
non-Juifs qui se convertissaient au judaïsme étaient baptisés. Les Juifs n’ont
jamais été baptisés. En revanche, quelqu’un venu du ciel pourrait revendiquer
cette autorité de baptiser les Juifs. Cependant, Jean,
conscient de sa mission divine, persiste sans chercher à justifier son autorité
par autre chose que la venue imminente du Messie.
Jean-Baptiste déclare
avec une grande humilité qu'il n'est même pas digne de défaire la courroie
de la sandale de celui qui vient après lui (Jean 1:26-27), réaffirmant son
rôle de serviteur. Et pour couronner le tout, Jean se place à contre-courant
des attentes messianiques populaires de son époque en désignant Jésus comme "l'agneau de Dieu qui ôte le péché du monde". En rattachant Jésus au service sacrificiel juif,
Jean témoigne de la véritable nature du Messie, qui ne viendra pas pour un
triomphe politique, mais pour accomplir un sacrifice. On peut supposer que Jean, comme tout le monde,
aurait pu penser que le Messie viendrait pour renverser les Romains. Venir mourir n’est pas compatible avec cet espoir.
Son message
est simple : "il ne s'agit pas de moi. Il
s'agit de Lui ! " Si nous
examinons l'histoire de l'Église chrétienne au cours des deux derniers
millénaires, nous constatons qu'une grande partie du message a consisté à donner raison à l'Église, plutôt
qu'à montrer Jésus. Il ne s'agit pas de nous, ni de l'Église, mais de
Lui ! Jean savait de quoi il parlait. Il savait qu'il était le messager et non
le message. Une fois que nous aurons saisi la portée du témoignage de Jean et
que nous l'aurons intégré à notre réalité en 2024, nous aurons fait un grand
pas vers la véritable compréhension de ce que signifie « répandre l'Évangile ».
Comme l’affirme Jésus : «
Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les
hommes à moi. » (Jean 12:32). Ainsi, notre mission devient claire : Élevons-Le, conformément à l’appel de Jean
Baptiste : « Lui (Jésus) doit devenir de plus en
plus grand, et moi de plus en plus petit »
(Jean 3:30).
Tout
honneur et toute gloire reviennent à Dieu seul, car il est écrit : « Non pas à
nous, ô Éternel, non pas à nous, mais à toi seul
la gloire, pour ton amour et ta fidélité
» (Psaume 115:1). En effet, « ce que nous prêchons, ce n'est pas
nous-mêmes, mais Jésus-Christ comme Seigneur, et nous-mêmes comme vos
serviteurs pour l'amour de Jésus » (2 Corinthiens 4:5).
Notre
ministère, à l’image de celui de Jean-Baptiste, consiste à préparer le chemin
pour la seconde venue du Christ. Les parallèles sont multiples : (i) préparation
spirituelle : Jean a prêché la repentance pour préparer les cœurs à la
venue du Messie. Nous devons, à notre tour, inviter les gens à se préparer
spirituellement pour la seconde venue de Jésus, en les
appelant à la repentance, à une vie de sanctification, et à une relation
authentique avec Dieu. (ii) un message prophétique : Jean a
accompli une prophétie en s’identifiant à la voix qui crie dans le désert
(Ésaïe 40:3). De même, nous proclamons les prophéties de Daniel et de
l’Apocalypse qui soulignent les signes du retour du Christ. –« Craignez Dieu et donnez-Lui gloire, car l’heure de son
jugement est venue … » (iii) humilité et clarté :
Jean-Baptiste a agi avec humilité, sans jamais chercher à attirer l'attention
sur lui-même, mais en orientant toujours les
regards vers celui qui devait venir, vers le Messie, vers Jésus. Nous
devons également garder cette humilité, servant de témoins, et orienter le
monde non vers nous, mais vers le Christ, le seul Sauveur. (iv) urgence du
message : Jean-Baptiste prêchait avec un sentiment d’urgence, sachant que
la venue du Messie était proche. De même, notre ministère doit être animé par
la conviction du retour de Jésus (« voici, je
viens bientôt, et ma rétribution est avec moi … »), et notre devoir
de proclamer cette vérité avec ferveur.
Que le Seigneur nous accorde la sagesse et la force
nécessaire pour poursuivre ce noble ministère avec zèle et humilité, à
l’exemple de Jean-Baptiste. Que notre témoignage soit un phare lumineux,
préparant les cœurs à la venue prochaine de notre Sauveur.
Avec mes salutations fraternelles en Christ,
Abondantes grâces sous l’aile bienveillante
de l’Éternel !
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