L’AGNEAU
L’AGNEAU
Mardi 05 novembre 2024
Semaine 6 : Autres témoignages sur
Jésus
Thème
général : Thèmes dans l'Evangile de
Jean
Texte à méditer : «
Le lendemain, Jean était encore là, avec deux de ses disciples; et, ayant
regardé Jésus qui passait, il dit : Voilà l'Agneau de Dieu » (Jean 1:35-36).
Un courant
important parmi les chrétiens évangéliques soutient que, lors de la seconde
venue de Jésus, celui-ci établira un royaume juif terrestre. Cette conviction
alimente en partie le soutien apporté à Israël dans les conflits actuels du
Moyen-Orient. Bien que les interprétations historiques diffèrent selon les
points de vue, l’idée prédominante est celle d’un royaume physique terrestre,
instauré par la guerre. Cette conception messianique rejoint d’ailleurs
celle qu’avaient les Juifs au temps de Jésus, et selon laquelle la victoire
devait être acquise par la conquête - conquérir pour vaincre.
Jean-Baptiste,
dans sa préparation au ministère de Jésus, établit l'idée d'un royaume très
différent. Il souligna
l’essence du royaume spirituel de Christ : la
régénération intérieure et l’abandon personnel du cœur à Dieu. Son
message se heurtait toutefois aux attentes que les Juifs nourrissaient à
l’égard du Messie. En effectuant le choix d’ignorer les prophéties bibliques
annonçant un Sauveur souffrant, ils omettaient de considérer Son humiliation. À
l'inverse, leurs espoirs étaient tournés vers l’avènement d’un roi puissant,
qui les délivrerait de l’oppression romaine et étendrait Son règne à travers le
monde.
UNE NOUVELLE ET NÉCESSAIRE
COMPRÉHENSION DU MESSIE
Si nous examinons
attentivement le texte du jour - Jean 1:32-36, il apparaît que Jean-Baptiste s’emploie de nouveau à
rappeler aux Juifs la nature spirituelle du Messie. Observez l’accent
qu’il met sur le ministère du Saint-Esprit, qui descendit sur Jésus pour Lui
conférer le pouvoir de baptiser les croyants. Notez également comment
Jean-Baptiste met en relief l’identité éternelle de Jésus en tant que Fils de
Dieu, ainsi que Sa qualité de victime sacrificielle, « l’Agneau de Dieu », destiné à libérer
Son peuple de l’esclavage du péché. Il faut lire entièrement
le 1er chapitre du livre de Jean pour comprendre le message sur le
Messie.
Jean-Baptiste, dans
Jean 1:32-34, reconnaît la nature divine de Jésus par une révélation directe
de Dieu. Il admet qu’il ne connaissait pas Jésus ; mais, le Dieu qui a
établi sa mission [la mission de Jean-Baptiste] lui a dit que l’Esprit saint
descendrait comme une colombe sur le « Fils de Dieu ».
Dans Jean 1:29,
Jean-Baptiste souligne deux attributs fondamentaux de Jésus : Il est désigné
comme « l’Agneau de Dieu » et comme celui qui « enlève le péché du
monde. » Cette double identification révèle la mission rédemptrice de
Jésus, à la fois en tant que victime
sacrificielle et en tant que libérateur spirituel de l’humanité.
Les instructions
du Lévitique, notamment dans les chapitres 1 à 7 et spécifiquement aux versets
1:3-4 et 5:5-6, viennent appuyer ce message en détaillant le processus par
lequel le peuple d’Israël peut être libéré de la culpabilité et de la pénalité
de ses péchés. Ces passages mentionnent des termes comme « pardon », «
responsable », « péché » et « pardon de son péché », illustrant le rituel
sacrificiel destiné à débarrasser le peuple de la pénalité et de la culpabilité
liées à ses péchés – rétablissant ainsi la relation entre l’homme et Dieu.
Jean-Baptiste
évoque Jésus en des termes qui, de prime abord, semblent surprenants. En le
désignant comme un « agneau », il associe le Messie à un animal de ferme, ce qui peut sembler
improbable lorsqu’on considère la puissance divine. En effet, cette
image contraste avec l’idée d’un Dieu majestueux et souverain, peu enclin à
s’identifier à un être vulnérable, encore moins à s’engager dans l'élimination
du péché humain.
Pourtant, en
examinant cette appellation à la lumière du système sacrificiel de l’Ancien
Testament, ce choix symbolique prend tout son sens. Dans la tradition
hébraïque, l’agneau occupe une place centrale dans les rituels de purification
et de rédemption des péchés, symbolisant la pureté et l’innocence offertes en
sacrifice. Ce lien entre Jésus et l’agneau s’inscrit donc directement dans la
logique du système sacrificiel, où le sacrifice d’un agneau représente la
rémission des fautes du peuple, tout en préfigurant l’acte rédempteur ultime.
Ainsi, en présentant Jésus comme l’«Agneau de Dieu », Jean-Baptiste rappelle la
fonction sacrificielle essentielle de Christ, inscrite dans la continuité du
système de purification de l’Ancien Testament.
Retournons dans le
livre du Lévitique et les passages relatifs aux sacrifices. Dans Lévitique
17:10-11, ainsi que dans Deutéronome 18:3 et 12:17-18, il est précisé que les
prêtres et le peuple mangeaient les sacrifices, à l’exception du sang, qui
leur était interdit car il servait à obtenir le pardon pour le peuple.
Cependant, ils étaient autorisés à consommer la chair de ces sacrifices,
marquant ainsi leur participation à l’acte de rémission des péchés.
L’identification
de Jésus par Jean-Baptiste en tant qu'« agneau qui ôte les péchés » prend une
dimension spirituelle profonde lorsque Jésus enseigne aux
foules la signification de « manger sa chair » (ce point sera
abordé plus tard dans la semaine). En interprétant ce geste sur le plan
spirituel, on comprend que Jésus accomplit l’objectif du système sacrificiel :
il est la source de la rédemption, substitut parfait qui purifie et délivre du
péché.
Enfin, réexaminons
la question des témoins. Au cours des deux semaines précédentes, nous
avons évoqué plusieurs témoins. Mais le plus convaincant demeure Dieu lui-même.
Selon Jean 1:33-34, Jean-Baptiste affirme que Dieu lui a révélé l’identité de
Jésus comme étant le Fils de Dieu. Cette révélation divine évite
de s’appuyer uniquement sur une perception humaine pour saisir l’accomplissement du système sacrificiel de l’Ancien Testament
en la personne de Jésus, venu sur terre pour mourir en notre faveur.
Christ est « la puissance de Dieu et la
sagesse de Dieu » (1 Cor 1:24). La révélation que Jésus est le Christ émane directement de
Dieu, transmise par la puissance persuasive de Son Esprit. Ce thème est
récurrent dans l’Évangile de Jean, où il est affirmé que le salut ne réside ni
dans les philosophies du monde, ni dans la science, ni dans les savoirs
académiques. Il ne peut venir que de Dieu, à travers un cœur qui s’abandonne
avec foi et obéissance à Jésus.
L’annonce de
Jean-Baptiste au sujet du Messie renforce la nécessité pour nous de nous concentrer sur ce qui est par nature éternel, par opposition aux choses
terrestres. Tout ce que nous voyons autour de nous,
même la plus grande des possessions, passera. Mais les réalités spirituelles
dureront éternellement. L’Apôtre Paul nous invite à suivre les traces de
notre père Abraham, qui « attendait la cité qui a de solides fondements, celle
dont Dieu est l’architecte et le constructeur » (Héb 11:10). La référence aux «
fondements » visait à rappeler à Abraham, le père des fidèles, la solidité et
la permanence de la promesse de Dieu en contraste avec la nature temporelle de
sa vie nomade.
Une
signification particulière fut attribuée à l’agneau sacrifié dans le discours
de Jean. Il
est cependant incertain que cette signification ait été pleinement saisie par
la majorité de ses auditeurs de l’époque. Lorsqu'une vision extrême prévaut, il
est fréquent de n’entendre que ce qui conforte ses propres attentes.
Lors d'une
ultime discussion avec Jésus, Pilate posa cette question : « Qu'est-ce que la
vérité ? » (Jean 18:36-39). Le passage d'une interprétation matérielle à une
compréhension spirituelle marque un changement radical – une transition suffisamment stimulante pour susciter la question : «
Qu'est-ce que la vérité ? Sommes-nous aujourd'hui plus proches de saisir
pleinement cette réponse ?
Que Celui qui est « la
vérité » éclaire nos chemins et fortifie nos convictions. Puisse cette
vérité nous rapprocher de l’essentiel, de ce qui est juste et authentique.
Abondantes
grâces de
paix, de lumière et d’espérance de la part de l’Éternel !
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