L’HUMILITÉ DE L’ÂME DE JEAN-BAPTISTE

 
L’HUMILITÉ DE L’ÂME 
DE JEAN-BAPTISTE 
 
Lundi 04 novembre 2024
Semaine 6 : Autres témoignages sur Jésus
Thème général : Thèmes dans l'Evangile de Jean
 
Texte à méditer : « Il faut qu'il croisse, et que je diminue » (Jean 3:30).
 
 
L'humilité n'est pas innée chez la plupart d'entre nous. Même lorsque nous prétendons être humbles, nous aimons nous imaginer plus humbles que les autres ! Or, le simple fait d’affirmer notre humilité prouve souvent le contraire. Nous vivons dans un monde où chacun aspire frénétiquement à se hisser au sommet.
 
Jean-Baptiste savait quelle était sa mission, mais ses disciples semblaient davantage se focaliser sur lui plutôt que sur l'objectif de sa mission. Il saisit cette occasion pour les orienter vers Jésus, la véritable raison de sa mission.
 
Dans une leçon précédente, nous avons relevé comment le témoignage de Jean-Baptiste avait conduit les premiers disciples - André, Jean, Pierre, Philippe et Nathanaël - vers Jésus. On aurait alors pu penser que, son rôle accompli, Jean-Baptiste se retirerait discrètement de la scène. Au contraire, il réapparaît à plusieurs reprises dans l’Évangile de Jean, marquant l'importance de son témoignage.
 
Dans Jean 3:25-36, une querelle survient entre les disciples de Jean-Baptiste et un Juif anonyme au sujet de la purification, probablement au sujet de l'efficacité du baptême (Mc 1:4-5). Les disciples de Jean, cherchant sans doute à éclaircir cette question, reviennent vers lui et lui parlent de Jésus, affirmant : « Voici, il baptise, et tous vont à lui » (Jn 3:26). En filigrane, on perçoit une certaine jalousie : une jalousie envers Jésus, mais aussi pour leur propre statut auprès de leur maître.
 
Face à cette situation, Jean-Baptiste aurait facilement pu céder à l’amertume. Toutefois, indéfectiblement loyal, Jean-Baptiste connaissait ses limites et son rôle par rapport au Christ. Ce type de réalisme et d’humilité ne permet pas de jalousie ou de compétition. Il déclara clairement : « Il est impossible pour quiconque de réussir – je parle ici de réussite éternelle – sans l'aide des cieux. Vous-mêmes avez été témoins lorsque j’ai déclaré publiquement que je n’étais pas le Messie, mais simplement celui envoyé pour le précéder et préparer le chemin » (Jn 3:27-28). Il réaffirme sa vocation  - tourner les regards vers Celui pour qui il ouvre la voie et de qui il est venu rendre témoignage (Jn 1:6-8).
 
Usant de la métaphore d'un mariage, Jean-Baptiste se présente comme l'ami de l’époux, tandis que Jésus est l’Époux. Quant à l’épouse, elle représente le peuple de Dieu (Os 2:16-23, Es 62:1-5). Dans un geste de véritable humilité, il affirme : « Celui qui obtient l'épouse, c'est par définition l'époux. Et l'ami de l'époux, son "témoin" – c’est moi – se tient à ses côtés, où il peut entendre chaque parole, et en éprouve une joie véritable. Comment pourrait-il être jaloux en sachant que les noces sont accomplies et que le mariage démarre sous de bons auspices ? C'est pourquoi ma coupe déborde. C'est le moment désigné pour qu’il soit au centre, tandis que moi je m’éclipse dans l’ombre » Jean 3:29-30 (The Message).
 
Jean, le disciple bien-aimé, cite son ancien maitre, Jean-Baptiste, qui dit de lui-même par rapport au Christ : « Il faut qu’il croisse, et que je diminue » (Jn 3:30). L’accroissement de Christ et la diminution de soi sont énumérés dans le bon ordre. Nous ne pouvons pas vraiment être humbles si Jésus ne s’accroit pas dans nos vies ; Lui seul peut crucifier le moi et l’enlever du trône du cœur. Bien sûr, Satan essaie de présenter Jean 3:30 dans l’ordre inverse: il encourage les gens à diminuer d’abord (les œuvres) et ensuite à regarder la grâce de Jésus augmenter dans leur vie. Mais une telle tentative est une impossibilité spirituelle, car seule la puissance dominante de Christ dans le cœur peut soumettre notre être. En d’autres termes, nous ne devons pas mettre la charrue avant les bœufs.
 
Jean 3:31 à 36 poursuit la comparaison entre Jésus et Jean-Baptiste, mettant en lumière la supériorité du Messie sur son précurseur. Le témoignage de Jean-Baptiste converge vers Jésus, rappelant encore l’importance du témoignage. Ceux qui acceptent ce témoignage et placent leur foi en Jésus reçoivent la vie éternelle, tandis que ceux qui le rejettent demeurent sous la colère de Dieu. Par amour, Dieu a envoyé son Fils pour racheter le monde (Jn 3:16-17). Cependant, ceux qui refusent ce don de grâce devront eux-mêmes porter le poids de leurs péchés, conduisant à la mort éternelle.
 
Jean-Baptiste nous offre une leçon puissante d’humilité, à la fois devant Dieu et devant les hommes. Malgré son rôle de précurseur du Messie, il ne se laisse jamais emporter par la gloire ou le prestige que son ministère pourrait lui apporter. Il nous faut, à l’instar de Jean-Baptiste, reconnaître nos limites et notre dépendance envers Dieu.
 
L’humilité devant Dieu consiste à comprendre que tout ce que nous accomplissons, même nos plus grandes réussites, est en fin de compte le fruit de Sa grâce et de Sa miséricorde. Cette attitude nous amène à renoncer à toute autosuffisance et à placer notre confiance non pas en nous-mêmes, mais en Lui. Jean nous enseigne à nous détourner de la recherche de la reconnaissance personnelle et à chercher, avant tout, à glorifier Dieu dans nos actions.
 
Devant les hommes, l’humilité se manifeste par notre capacité à accepter que d’autres soient mis en lumière, que d’autres soient loués, sans éprouver de jalousie ou de ressentiment. Jean-Baptiste pourrait facilement être envieux du succès de Jésus, d’autant plus que ses propres disciples semblent déconcertés par le fait que « tous vont à lui » (Jn 3:26). Cependant, Jean ne voit pas Jésus comme un rival, mais comme l’accomplissement de sa mission. Il nous enseigne ainsi à reconnaître la valeur et le rôle de chacun dans l’œuvre de Dieu.
 
En somme, Jean-Baptiste nous invite à une humilité de l’âme, à cette attitude qui reconnaît que notre valeur et notre dignité ne se mesurent pas à notre statut ou à notre reconnaissance aux yeux des hommes, mais à notre fidélité envers la mission que Dieu nous confie. En nous efforçant de placer Dieu au centre de nos vies et en acceptant de laisser briller les autres, nous nous rapprochons de cette véritable humilité. C'est un appel à une relation de sincérité avec Dieu, où nous sommes prêts à nous effacer pour laisser toute la place à Sa volonté, Sa gloire et Son amour.
 
Puissions-nous répondre à cet appel à l'humilité en plaçant Dieu au centre de notre existence et en accueillant notre mission avec fidélité. Que nos cœurs soient disposés à nous effacer, pour laisser toute la place à Sa volonté et à Sa gloire, et que nos vies reflètent l’amour qu’Il nous inspire chaque jour.
 
 Abondantes grâces de l’Éternel !

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