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Mardi 19 novembre 2024

Semaine 8 : L’accomplissement des prophéties de l’Ancien Testament

Thème général : Thèmes dans l'Evangile de Jean


Texte à méditer : « Vous sondez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle : ce sont elles qui rendent témoignage de moi. Et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie » (Jean 5:39-40).


L’Évangile de Jean désigne Jésus comme le Messie en s’appuyant non seulement sur des miracles et des témoignages spécifiques – comme nous l’avons vu hier, mais aussi sur l’autorité de l’Ancien Testament et ses prophéties annonçant Son œuvre. L’Ancien Testament occupe une place essentielle, non seulement dans l’Évangile de Jean, mais dans l’ensemble du Nouveau Testament. Jésus y souligne son rôle fondamental comme témoin de sa mission messianique. Bien plus qu’un recueil de lois ou de récits historiques, il contient des prophéties et des événements qui annoncent et justifient son identité et son œuvre. Pourtant, malgré leur érudition, les pharisiens demeuraient incapables de reconnaître cette vérité, leurs cœurs étant fermés par des idées préconçues, qui les empêchaient de comprendre que ces Écritures parlaient de Lui.


Jean illustre l’autorité des Écritures en montrant comment Jésus s’y réfère pour expliquer sa mission (Jean 3:14 et Nombres 21:5-9). Cette continuité entre les prophéties de l’Ancien Testament et leur accomplissement en Christ est également confirmée par des disciples comme Philippe, qui proclame : « Nous avons trouvé celui de qui Moïse a écrit dans la loi et dont les prophètes ont parlé » (Jean 1:45). Ainsi, l’Évangile de Jean souligne le rôle fondamental des Écritures dans la révélation et l’œuvre rédemptrice de Christ. Pourtant, Jésus rappelle que le savoir biblique, s’il n’est pas accompagné de foi, reste sans fruit.


Le savoir biblique, sans la foi

Dans Jean 5:37-39, Jésus reproche à ses auditeurs, malgré leur connaissance approfondie des Écritures, de ne pas laisser la Parole demeurer en eux. Cette critique s’inscrit dans un contexte où les traditions juives enseignaient que la simple acquisition des paroles de la Torah assurait la vie éternelle. Hillel, un rabbin renommé du 1er siècle av. J.-C., aurait ainsi affirmé : « Celui qui s’est acquis les paroles de la Torah, a acquis pour lui-même la vie du monde à venir » (Mishnah Aboth 2.7, Soncino ed. of the Talmud, p. 17). Cette approche, bien que valorisant l’étude des Écritures, réduisait leur lecture à un exercice intellectuel ou mécanique, déconnecté de leur finalité spirituelle.


Jésus met en lumière leur manque de discernement : ils connaissaient la lettre de la loi, mais pas son esprit. Leur connaissance des Écritures restait centrée sur la Parole écrite, sans qu’ils reconnaissent en Jésus la Parole Vivante à laquelle elles rendaient témoignage. Cette déconnexion révélait un cœur fermé, incapable de percevoir la vérité divine.


Ainsi, il est possible de lire la Bible comme un recueil d’histoires ou un code moral, sans chercher une rencontre véritable avec Dieu. Ce passage nous invite à dépasser une approche purement intellectuelle des Écritures pour y chercher Celui qui en est la source et l’accomplissement. Jésus illustre cette vérité en utilisant des récits de l’Ancien Testament pour révéler son rôle dans le plan du salut, comme le montre l’exemple ci-après.


L’illustration du serpent élevé dans le désert.

Dans Jean 3:14-15 en effet, Jésus se réfère à l’histoire de Nombres 21. Les Israélites, en rébellion contre Dieu, empruntèrent des voies où ils furent mordus par des serpents venimeux. Ils avaient de la nourriture fournie par Dieu, mais visiblement ils ne l’aimaient pas. Il n’y avait peut-être « ni pain ni eau » dans le désert, mais Dieu leur avait fourni de la nourriture et de l’eau. Ils ne pouvaient pas honnêtement dire qu’ils étaient au bord de la mort. L’attaque des serpents ne fut pas une coïncidence. Satan est le serpent de l’Éden, le père du mensonge (Jean 8.44). Les gens mentaient au sujet de Dieu, ils étaient distraits par leur rébellion et leurs plaintes, et les serpents qui vivaient dans cette région les ont attaqués. S’ils avaient fait attention à l’endroit où ils marchaient, ils auraient pu éviter cela.


Leur guérison dépendait d’un acte de foi : regarder le serpent de bronze que Moïse avait élevé. Ce récit illustre un parallèle profond avec Jésus : tout comme le serpent représentait le péché élevé, Jésus est devenu péché pour nous (2 Corinthiens 5:21), et sa mort sur la croix est la source de notre salut.

Cet exemple révèle que l’Ancien Testament trouve son accomplissement en Jésus-Christ, mettant en lumière une relation essentielle entre foi et révélation divine. Cette continuité souligne que le salut ne repose pas sur des observances extérieures, mais sur une foi vivante en Celui que les Écritures annoncent. Cependant, cette foi faisait défaut aux pharisiens, comme le montre leur incapacité à reconnaître Jésus malgré leur connaissance des Écritures.


Il est facile de critiquer les dirigeants juifs et d’être déconcerté par leur manque de foi dans leurs propres Écritures concernant le Messie. Mais comment aurions-nous réagi si nous avions été dans la même position, si notre priorité absolue avait été d’anticiper un conquérant militaire juif (et non divin) dans la tradition de Moïse ou de David, quelqu’un qui pourrait vaincre la présence romaine d’Israël et briser son joug? Rappelez-vous, même les disciples de Christ, les plus proches de Lui, avaient été lents à croire en Son royaume spirituel. En effet, ce n’est qu’après Sa résurrection qu’ils avaient vraiment cru. (Voir Jn 2:22.)


Selon Jésus (Jean 5:40), les pharisiens ne venaient pas à Lui parce qu’ils ne voulaient pas. Leur incapacité à comprendre les Écritures n’était pas un problème intellectuel, mais spirituel. Ils laissaient leurs préjugés, leurs positions sociales et leur vision du monde les empêcher de voir la vérité. Même en Jean 8:17-19, lorsqu’ils demandent à Jésus : « Où est ton Père ? », leur question manifeste leur moquerie et leur incompréhension. Quels sont nos propres préjugés qui nous empêchent de voir la vérité de Jésus dans les Écritures ? Puissions-nous prendre le temps de laisser Dieu transformer nos cœurs pendant que nous lisons sa Parole !


Jésus invite chacun de nous à lire les Écritures avec des « yeux grand ouverts », c’est-à-dire avec une attitude de foi, d’humilité et d’écoute. Les pharisiens n’étaient pas des analphabètes au sens littéral, mais ils manquaient de discernement spirituel. Leur attention était tournée vers des préoccupations terrestres, comme le pouvoir et l’orgueil, plutôt que vers les vérités divines. Prenons le temps de nous poser ces questions lorsque nous lisons la Bible : Est-ce que je cherche uniquement des réponses intellectuelles ou est-ce que je cherche une rencontre avec Dieu ? Est-ce que je laisse mes préjugés limiter ma compréhension des Écritures ?


Les Évangiles nous rappellent que Jésus considérait les Écritures comme fiables et prophétiques, révélant avec précision les étapes de sa mission. Jean souligne que tout ce qui s’est accompli en Christ, y compris sa mort et sa résurrection, a été annoncé par les Écritures (Jn 13:18; Jn 17:12; Jn 19:24, 28, 36). Cela nous invite à les considérer non seulement comme un témoignage historique, mais comme une source vivante et essentielle pour affermir notre foi et découvrir le plan du salut en Jésus-Christ. Si nous les lisons avec foi, elles nous guident vers la vie éternelle. Mais si nous les lisons avec un esprit fermé, elles deviennent pour nous un mystère inaccessible.


Que le Seigneur, nous aide à lire sa Parole avec un cœur ouvert et des yeux éveillés. Qu’il nous délivre de nos préjugés et de nos doutes, pour que nous puissions pleinement le reconnaître comme le Messie révélé par les Écritures. Puissions-nous Le chercher non seulement avec notre esprit, mais aussi avec notre cœur, afin de trouver en Lui la vie éternelle. Amen.


 « Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle » (Jean 3:14-15).


Abondantes grâces de la part de l’Éternel !


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