SE RÉFÉRER À ABRAHAM

 SE RÉFÉRER À ABRAHAM 


Lundi 11 novembre 2024/2024-T4S7J2

Semaine 7 : Heureux ceux qui croient

Thème général : Thèmes dans l'Evangile de Jean


Texte à méditer : « En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham fût, JE SUIS » (Jean 8:58).


Ce passage place Jésus non seulement dans la lignée des promesses faites à Abraham, mais révèle également Son existence éternelle et divine. En mentionnant Abraham, Jésus met en lumière le rôle unique de ce patriarche, non seulement comme ancêtre de la foi juive, mais comme témoin prophétique de Sa venue et de Sa mission. La relation singulière entre Jésus et Abraham - leur lien dans la promesse et dans la révélation - confère à Abraham un statut de témoin essentiel. Abraham n'est pas seulement le père de la nation, mais aussi celui qui, par la foi, a entrevu le jour de Jésus et s'en est réjoui. Dès lors, qu’est-ce qui distingue Abraham des autres personnages de la Bible au point que Jésus le mentionne comme un témoin essentiel de son identité ? Et comment ce lien unique avec Jésus nous invite-t-il à approfondir notre propre foi et à saisir la portée de Sa messianité ?


Abraham, témoin de la messianité de Jésus

Jésus se réfère à Abraham non seulement pour ancrer Son identité dans la lignée de la foi, mais aussi pour révéler une vérité essentielle : Il est Celui que les promesses divines annonçaient, le Messie en qui Abraham plaça son espérance. En affirmant « Abraham, votre père, a tressailli de joie de ce qu’il verrait mon jour » (Jean 8:56), Jésus nous rappelle qu’Abraham avait entrevu, par une révélation divine, le plan de salut universel préparé par Dieu. Cette vision, qui remplit Abraham de joie, était bien plus qu’une simple anticipation : elle confirmait l’accomplissement des promesses de Dieu, que le patriarche accueillerait avec foi et obéissance. Ce témoignage d’Abraham est crucial, car il incarne la foi anticipative de tout le peuple de Dieu, fondée non sur des œuvres humaines, mais sur une espérance confiante en la grâce divine.


Paul, dans Romains 4:1-5, souligne cette dimension de la foi d’Abraham pour révéler la grande vérité du salut par la foi seule, sans les œuvres de la loi. Abraham n’est pas déclaré juste pour ses actions, mais pour sa confiance inébranlable en Dieu, illustrant ainsi que le salut est un don reçu par la foi. Par conséquent, Abraham devient le père de tous ceux qui croient, indépendamment des œuvres, dans la justice de Dieu.


L’obéissance d’Abraham et le plan du salut

La relation d'Abraham avec Dieu s’exprime non seulement par sa foi, mais aussi par son obéissance exemplaire, en particulier lors de l’épisode du sacrifice d'Isaac au cours duquel Abraham reçut une application pratique de la vision/promesse, qui révélait le plan graphique de la rédemption humaine. Abraham servit comme un type de Dieu le Père, et Isaac comme un type de Jésus, le Fils unique de Dieu.

En quoi le sacrifice d'Isaac représente-t-il une préfiguration du sacrifice du Christ ? Cette scène illustre, de manière prophétique, l’amour rédempteur qui sera pleinement révélé en Jésus. Le bois pour le sacrifice fut porté sur le dos d’Isaac à l’autel, tout comme Christ avait porté la croix de bois à l’autel du Calvaire. Isaac et Jésus, sans aucune objection, étaient tous deux disposés à être le sacrifice. Il est difficile de croire qu’un jeune homme aussi costaud qu’Isaac, dans la fleur de l’âge, puisse être si obéissant, même jusqu’à la mort. L’incroyable foi d’Abraham, même dans sa réticence douloureuse à sacrifier son fils unique – le fils de la promesse – symbolisait la volonté du Père de laisser Jésus mourir pour l’humanité. Cependant, la différence réside dans le fait qu’un substitut fut donné pour Isaac : un bélier, pour épargner le fils d’Abraham. Pour Jésus, aucun autre substitut n’était possible. Il est le substitut ultime, offrant Sa vie pour le rachat de l’humanité. Ce moment tragique, où Abraham lève le couteau pour immoler Isaac, marque une fidélité sans faille et anticipe le sacrifice du Christ, une offrande de vie pour tous ceux qui croient.


Confrontation entre la vérité de Jésus et les chefs religieux

Dans le chapitre 8 de l'Évangile de Jean, les chefs religieux accusent Jésus d’être possédé par des démons et cherchent à Le discréditer (Jean 8:48). Jésus réfute calmement cette attaque, rappelant que Ses œuvres elles-mêmes témoignent de Sa relation avec Dieu et que seul Dieu, le véritable juge, peut évaluer Sa mission. Il ne se justifie pas sur un plan personnel, mais répond avec un raisonnement logique en déclarant : « Ce n'est pas moi qui me glorifie moi-même... C'est mon Père qui me glorifie » (Jean 8:49-50). Par cette réponse, Il refuse de s’engager dans des attaques personnelles, préférant laisser Dieu être le juge de Sa mission.


À cette première accusation s'ajoute une nouvelle contestation. Les chefs religieux remettent en cause la déclaration de Jésus affirmant que ceux qui Le suivent ne connaîtront jamais la mort, alors même qu’Abraham et les prophètes sont morts (Jean 8:51-53). En répondant à cette critique, Jésus confirme qu’Il est plus grand qu’Abraham, soulignant qu’Il connaît Dieu de manière intime et que Sa venue avait été anticipée par Abraham lui-même : « Abraham, votre père, a tressailli de joie de ce qu’il verrait mon jour : il l’a vu, et il s’est réjoui » (Jean 8:56). Ce dernier, à qui Dieu avait révélé la venue du Messie (Genèse 12:3), s’était réjoui de cette promesse, qu’il avait accueillie avec foi.


Perplexes et incrédules face à cette affirmation, les chefs religieux insinuent que Jésus n’a pas l’âge pour avoir connu Abraham, en Lui répondant : « Tu n’as pas encore cinquante ans, et tu as vu Abraham ! » (Jean 8:57). Jésus déclare alors solennellement : « En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham fût, JE SUIS » (Jean 8:58). Par cette parole, Il se réfère directement au nom divin révélé à Moïse dans Exode 3:14, affirmant ainsi Son éternité et Son identité en tant que Dieu. Face à cette revendication explicite de divinité, les chefs religieux, interprétant Ses paroles comme un blasphème, réagissent avec violence et prennent des pierres pour Le lapider (Jean 8:59).


Cette confrontation nous place face à un choix fondamental : croire en Jésus comme étant l'Être éternel, le Fils de Dieu, ou Le rejeter comme insensé, car Sa déclaration ne laisse de place à aucune ambiguïté. En affirmant qu’Il est « JE SUIS », Celui qui est et qui sera toujours, confirmant ainsi Son unité avec le Père, Jésus nous invite à saisir la singularité de Sa relation avec le Père, incompréhensible pour Ses accusateurs, et à répondre à cette révélation par la foi.


Abraham, homme de compassion et de justice

L’histoire d’Abraham nous révèle aussi des aspects de son caractère qui éclairent la foi chrétienne. Abraham se distingue par sa compassion et son sens de la justice. Malgré sa position de chef de famille, il choisit de laisser Lot choisir en premier le terrain qu’il souhaite occuper pour éviter les conflits. Lors de la capture de Lot par des rois ennemis, Abraham n’hésite pas à risquer sa vie pour sauver son neveu, montrant ainsi son amour et sa solidarité (Si cela avait été moi, j'aurais probablement souri et dit : « Pas de chance d'être si avide. Tu mérites ce qui t'arrive ! ») Mais sa compassion ne se limite pas à ses proches : lorsque Dieu annonce la destruction imminente de Sodome et Gomorrhe, Abraham intercède pour les habitants, demandant à Dieu de les épargner s’il s’y trouve ne serait-ce que dix justes. Cette prière d’intercession révèle son désir de voir la justice divine se conjuguer avec la miséricorde.


Même dans les situations les plus ordinaires, Abraham fait preuve de droiture : il refuse d’accepter gratuitement une terre pour enterrer sa femme Sarah, préférant payer le prix juste, car il reconnaît la valeur de l’intégrité. Cet exemple de vie, où foi et droiture s’entremêlent, montre qu'Abraham ne se contente pas de croire ; il vit sa foi de manière tangible, dans des actions de justice et de bienveillance, des qualités essentielles pour tout croyant.


En nous référant à Abraham, Jésus nous invite à embrasser une foi vivante, inspirée par la justice et l’obéissance d’Abraham, mais également ancrée dans la révélation ultime de la divinité de Christ. Ce parcours de foi nous rappelle que la véritable croyance ne repose pas sur des titres ou des statuts hérités, mais sur une relation personnelle et profonde avec Dieu, comme l’illustre la vie d’Abraham. Alors que les chefs religieux se vantaient de leur lien avec Abraham, ils manquaient de saisir la portée du message de Jésus : le salut par la foi en Celui qui est avant toutes choses, « JE SUIS ».


Que cette méditation sur Abraham, père de la foi, nous conduise à approfondir notre relation avec Dieu, à embrasser une foi courageuse et juste, et à reconnaître la vérité de Celui qui est l’alpha et l’oméga de notre salut.


Que votre journée soit illuminée par le bienveillant regard de l'Éternel !

 

 

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