VOIR ET CROIRE, AU-DELÀ DU VISIBLE
VOIR ET CROIRE, AU-DELÀ DU VISIBLE
Jeudi 14 novembre 2024
Thème de la Semaine
7 : Heureux
ceux qui croient
Thème
général : Thèmes dans l'Evangile de
Jean
Texte à méditer :
« Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui
ont cru » (Jean 20:29).
L’histoire de Thomas, souvent appelé
"l’incrédule", nous présente un récit universel de la quête de vérité
et du passage du doute à la foi (Jean 20:19-31). Ce cheminement résonne profondément
en chacun de nous, car il expose des aspects intimes de l’expérience humaine : le besoin de preuves tangibles,
l’impact de l’orgueil, la nature de la foi comme expérience personnelle et la
puissance du témoignage dans la communauté. Par ce récit, Jean nous invite à : élargir notre
compréhension de la foi chrétienne, franchir le seuil entre le visible et l’invisible, et découvrir
une certitude intérieure qui transcende les preuves matérielles.
Après sa résurrection, Jésus apparaît
aux disciples, réunis à huis clos par crainte des autorités (Jean 20:19-23).
Thomas, appelé aussi Didyme, est absent de cette rencontre décisive. Lorsqu’il
les retrouve plus tard, les autres disciples lui annoncent avec enthousiasme :
« Nous avons vu le Seigneur ! » (Jean 20:25). Cependant, Thomas, dans
son scepticisme, refuse de croire sans preuves tangibles. Il déclare : « Si
je ne vois dans ses mains la marque des clous, si je ne mets mon doigt
dans la marque des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je
ne croirai point » (Jean 20:25). C’est ici que son cheminement commence, exposant la tension
entre le doute et la foi, et illustrant des obstacles plus profonds.
Le doute de
Thomas, la recherche de preuves tangibles et l’orgueil blessé
Ce scepticisme signifie-t-il que
Thomas considère les autres disciples comme des menteurs ou qu’il rejette la
promesse de Jésus de ressusciter d’entre les morts ? Sa réaction semble, au
contraire, traduire une blessure d’orgueil : Thomas est frustré et déçu
de ne pas avoir vécu cette rencontre décisive lui-même. Comme beaucoup d’entre
nous, il ressent un mélange de doute et de déception à l’idée d’avoir été «
laissé de côté » et privé de cette expérience directe de la résurrection.
Ce sentiment nourrit son exigence d’une preuve tangible pour ouvrir son cœur à
la foi. Ce thème montre combien, souvent, notre besoin de certitude se mêle à
des blessures intérieures qui peuvent nous empêcher d’embrasser librement la
foi.
Thomas posait ses propres conditions
pour croire, une attitude face à la foi en Jésus que l’on retrouve souvent dans
l’Évangile de Jean. Nicodème, par exemple, interrogea Jésus : « Comment
un homme peut-il naître quand il est vieux ? » (Jean 3:4). De même, la femme au
puits s’étonna : « Seigneur… tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond
; d’où aurais-tu donc cette eau vive ? » (Jean 4:11). Plus tard, la
foule, après avoir été nourrie par la multiplication des pains et des poissons,
exigea un autre signe : « Quel miracle fais-tu donc ? » (Jean 6:30).
La réponse
de Jésus : une expérience personnelle et relationnelle, au-delà des preuves
La réaction de Jésus face à Thomas
est d’une douceur infinie. Il ne reproche pas à Thomas son orgueil blessé ni
son besoin de voir pour croire. Au contraire, il invite Thomas à venir, à
voir et à toucher Son corps ressuscité, apaisant son doute par une preuve
tangible. Jésus ne rejette pas Thomas mais le rejoint dans son doute, offrant
une réponse qui respecte son cheminement intérieur. Par cette rencontre, Jésus
montre que Dieu accueille chacun dans sa quête personnelle de vérité, répondant
avec compassion et bienveillance aux doutes et aux blessures.
La foi chrétienne, plus
qu’une adhésion intellectuelle, est une expérience personnelle qui prend racine dans une
relation intime avec Dieu. Elle ne repose pas sur des démonstrations
matérielles ou logiques mais sur une ouverture du cœur. En rencontrant Jésus à
travers une expérience spirituelle, les croyants découvrent une foi plus
profonde, enracinée dans une relation vivante et nourrie par la présence du
Saint-Esprit.
Dans cette relation, le doute devient un chemin vers une foi plus profonde.
« Dieu ne nous demande jamais de
croire sans donner à notre foi des preuves suffisantes … qui en appellent à
notre raison; et ces témoignages sont abondants. Toutefois, Dieu n’a jamais
enlevé la possibilité du doute. Notre foi doit reposer sur des preuves et
non sur une démonstration. » E. White, Le meilleur chemin, p. 103.
Toutefois, en ajoutant la
bénédiction « Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru », Jésus
invite également Thomas, et chacun de nous, à dépasser le besoin de preuves
matérielles pour entrer dans une foi confiante, qui transcende les
apparences. Comme l’affirme Paul dans 2 Corinthiens 4:18, « nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles
qui sont invisibles ; car les choses visibles sont passagères, et les invisibles
sont éternelles.
» Ainsi, cette foi véritable s’ancre dans une vision spirituelle qui dépasse
les réalités temporaires pour saisir l’éternité offerte par Dieu.
Nous sommes entourés de preuves : la
merveilleuse création de Dieu, la vie elle-même, la providence divine, notre
conscience, et la mesure de foi qui nous est donnée. Avec de telles preuves, croire, c’est vraiment voir. C’est
cette expérience que recherchait Élisée lorsqu’il pria l’Éternel d’ouvrir les
yeux de son serviteur, comme le rapporte 2 Rois 6:17 : « Éternel, ouvre ses yeux, pour qu’il voie. »
La Bible raconte qu’en réponse, « l’Éternel ouvrit les yeux du serviteur, qui vit la montagne pleine de
chevaux et de chars de feu autour d’Élisée. » Cette scène nous montre que voir réellement, c’est croire, c’est percevoir la réalité plus
vaste qui dépasse nos circonstances immédiates.
La foi repose souvent sur les
témoignages et les expériences vécues par d'autres. L'exemple de Thomas
montre qu’il est naturel d’éprouver des moments de scepticisme, et que le
doute, lorsqu'il est accompagné d'une recherche sincère de vérité, peut
conduire à une compréhension plus profonde. Thomas n’était pas présent lorsque
Jésus est apparu aux autres disciples, et cette absence a contribué à son
doute. Ici est mise en lumière l’importance de la communauté de foi : en
étant éloigné de la communauté, Thomas a manqué une rencontre cruciale avec le
Christ ressuscité. La foi est souvent fortifiée par la communion avec d’autres
croyants, et l’échange de témoignages nourrit et soutient la foi individuelle.
En refusant d’accepter le témoignage
de ses compagnons, Thomas a manifesté une méfiance qui a ralenti l'édification
de sa foi. Cette attitude peut être vue comme une erreur, car elle l'a
temporairement privé de la bénédiction d'une foi confiante. Aujourd'hui, en
apprenant à accueillir le témoignage de ceux qui ont rencontré le Christ, les
croyants sont invités à recevoir la foi comme un don, nourri par les Écritures
et par la communauté de foi. De plus, Thomas nous donne une preuve assez spécifique. Non
seulement Jésus est vivant, mais c’est la preuve que Jésus a été crucifié.
En général, lorsqu’un adolescent
pose la question : « Comment pouvez-vous prouver que Dieu existe ? », il reçoit
souvent des réponses déconcertantes ou insatisfaisantes, qui laissent sous-entendre
que si l’on commence à poser ce type de questions, on risque de se retrouver en
dehors de l’Église, et donc perdu. Il faut parfois du temps pour comprendre que la question en
elle-même n’est pas problématique, mais que des réponses intimidantes
n’apportent aucune solution. En grandissant et en approfondissant leurs expériences
avec Dieu, ils réalisent que prouver le surnaturel ne relève en rien des mêmes
méthodes qu’une démonstration géométrique, et que ni l’induction, ni la
déduction, ni même la logique booléenne ne sont vraiment utiles dans ce
domaine.
Thomas, lui, a été convaincu après
une rencontre directe avec Jésus, qui lui a permis de voir et de toucher. Pour
les croyants d’aujourd’hui, cette expérience se vit différemment : Bien que
nous ne puissions pas examiner physiquement des preuves comme Thomas l’a fait, Jésus
se manifeste à travers l’action
du Saint-Esprit et des relations humaines. La Bible affirme deux grands
commandements : aimer Dieu et aimer son prochain. C’est dans cette connexion
entre amour divin et amour pour autrui que la présence de Dieu se laisse
percevoir. Une foi authentique ne peut dissocier ces deux amours, car un
véritable amour pour Dieu implique nécessairement un amour sincère pour les
autres, les deux étant indissociables et complémentaires.
Même à l’âge adulte, il est
possible d’éprouver encore des moments de doute : un miracle attendu qui ne
se produit pas, le temps qui passe sans révélation, de bonnes personnes qui
perdent la foi, de nouvelles découvertes scientifiques qui ébranlent nos
certitudes… Pourtant, la foi est une relation qui transcende les événements.
Elle n’est pas une formule mathématique basée sur des axiomes et des opérateurs
logiques.
Que ce moment nous
inspire à chercher Dieu avec un cœur humble et ouvert, à accueillir ses preuves
dans notre quotidien, et à grandir dans une foi qui dépasse les apparences.
ABONDANTES GRÂCES DE LA
PART DE L'ÉTERNEL !
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