« JE REVIENDRAI ASSURÉMENT »

 « JE REVIENDRAI ASSURÉMENT » 


Mardi 03 décembre 2024

Semaine 10 : Le Chemin, la Vérité, et la Vie

Thème général : Thèmes dans l'Evangile de Jean


Texte à méditer : « Que votre cœur ne se trouble point » (Jean 14:1).


Nous vivons dans un monde très troublé et instable. Ainsi, les paroles rassurantes de Jésus dans Jean 14:1 sont tout à fait opportunes : « Que votre cœur ne se trouble point. » 


Jean 14:1-3 s’inscrit dans un contexte particulièrement chargé d’émotion et de tension. Ces paroles ont été prononcées par Jésus la veille de sa crucifixion, lors du dernier repas qu’Il partageait avec ses disciples dans la chambre haute. Conscient de l’imminence de sa mort, Jésus leur annonçait des événements bouleversants : sa trahison par l’un d’eux, son départ prochain, ainsi que les souffrances à venir.


À la fin du chapitre 13 du livre de Jean, Jésus déclare à ses disciples qu’Il s’en va (Jean 13:33), suscitant chez eux de nombreuses interrogations. Pierre, troublé, demande où Il se rend (Jean 13:36). Les disciples, encore incapables de saisir pleinement les allusions de Jésus à sa mort, sa résurrection et son ascension, peinaient à comprendre ses paroles. Pierre, dans son élan, affirme qu’il est prêt à donner sa vie pour Lui (Jean 13:37). C’est alors que Jésus prédit son reniement imminent (Jean 13:38). Il est donc naturel que les disciples aient été profondément déstabilisés par les paroles de Jésus. C’est précisément dans ce climat d’incompréhension et d’angoisse que Jésus exhorte ses disciples à ne pas laisser leur cœur être troublé :


« Que votre cœur ne se trouble point : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi.
Dans la maison de mon Père, il y a plusieurs demeures ; si cela n'était pas, je vous l'aurais dit. Je vais vous préparer une place
 »
(Jean 14:1-3).


Le verbe grec tarassō, traduit par « troubler », signifie « remuer », « perturber » ou « jeter dans la confusion ». Face à leur désarroi et à leur inquiétude, Jésus leur adresse ces paroles pour les réconforter et leur offrir une espérance durable.


Pour apaiser leurs craintes, Jésus évoqua la maison de Son Père, un lieu où se trouvent de nombreuses demeures. Ces demeures ne doivent pas être comprises comme des maisons distinctes, mais plutôt comme des chambres au sein d’une même maison, celle de Son Père, à l’image d’une auberge. Il leur annonce qu’Il part pour leur préparer une place dans ce lieu unique.


Certains désirent être au ciel à cause des demeures ou des palais spéciaux qui leur sont préparés ; d’autres à cause des rues pavées d’or. Mais ces incitations devraient-elles être notre véritable motivation pour y être ? En grec, le texte ne dit pas « maisons » mais chambres, ce qui peut impliquer que, ce qui est vraiment important n’est pas l’espace physique que nous possèderons ou occuperons, mais plutôt le fait de profiter de la compagnie de Jésus. Son amour Le conduit à désirer être avec nous, car Son amour cherche toujours des liens étroits.


Les paroles de Jésus transcendent les épreuves imminentes de la croix, projetant les regards des disciples au moment où Il reviendra pour rassembler Son peuple. Jésus aspire au jour où la tragédie du péché sera définitivement éradiquée (voir Daniel 7:27). Il leur assure que, bien qu'Il s'en aille, ce départ ne sera pas définitif. Il partait pour préparer une place pour eux dans la maison de son Père et promettait de revenir afin de les prendre avec Lui, les unissant ainsi pour l’éternité.


« Et, lorsque je m’en serai allé… je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi » (Jn 14:3). Dans ce verset, je reviendrai, est en effet au présent en grec (je reviens). Il s’agit d’un usage du présent en grec appelé le présent continu ou le présent futuriste. C’est un évènement futur dont on parle avec une telle certitude qu’il est décrit comme s’il était déjà en train de se produire. Ainsi, il est juste de traduire la phrase par, je reviendrai certainement.


Ce qui est implicite dans la promesse de Jésus au sujet de Sa future venue glorieuse, c’est qu’il s’agit d’une réalité présente. Sa venue est d'une telle certitude qu'elle est perçue comme si elle se déroulait déjà. L’anticipation joyeuse de Sa venue certaine a un impact sur nos vies présentes dans la mesure où Son royaume de gloire s’entremêle à Son royaume de grâce, nous donnant un avant-gout du ciel. Ce passage est donc empreint de consolation et de promesse, ancrant l'espérance des disciples dans la certitude du retour de Christ et dans la perspective d'une communion éternelle avec Lui.


Ces paroles réconfortantes s’appuient sur la confiance en la fidélité de Jésus et de Son Père. L’espérance du retour de notre Seigneur ne repose pas uniquement sur l’accomplissement des prophéties bibliques, mais avant tout sur la fiabilité de Celui qui a fait cette promesse. Jésus a déclaré avec assurance qu’Il reviendra pour Son peuple, et cette promesse est digne de confiance en raison de la personne même qui l’a prononcée.


En méditant sur notre « demeure », on s’imagine dans un palais céleste, entouré d’un jardin sans mauvaises herbes, avec des agneaux et des lions jouant joyeusement dans la cour ; une route d’or pur passant devant ladite « demeure. » Cependant, un changement de perspective survient lorsque l’on poursuit la lecture du chapitre. Ce n’est pas une vue utopique de l’au-delà, mais une compréhension pragmatique du présent. Thomas a amorcé la discussion par son cynisme : « Nous n'avons aucune idée de l'endroit où nous pourrons vivre. » - « Thomas lui dit : “Seigneur, nous ne savons pas où tu vas ; comment pourrions-nous en connaître le chemin ?” » (Jean 14:5)


Jésus a alors fourni une sorte de "carte" pour guider ses disciples lorsqu’Il ne serait plus avec eux :

  1. Jésus est le chemin vers le Père. Sa vie est un modèle du type de relation que nous pouvons entretenir avec le Père.
  2. Le Saint-Esprit sera notre guide. Il ne nous laisse pas seuls mais promet d’être avec nous par le Saint-Esprit.
  3. L’amour et l’obéissance en sont la clé. Non comme cause de notre salut, mais comme fruit qui en découle.
  4. La promesse de paix et d’assurance. Non pas une paix politique ou commerciale, mais une paix ancrée dans une relation qui demeure, même face à l’opposition et au chagrin.


Quelques jours après cette discussion, les disciples ont reçu leur « signal d’alarme ». Leur vision d’un royaume céleste sur terre, où ils occuperaient des postes de pouvoir et se libéreraient des oppresseurs romains, fut ébranlée par la crucifixion et la résurrection de Jésus.


La réalité du présent redéfinit la perception d’un ciel utopique. Ce qui pouvait autrefois être envisagé comme un agréable « plan de retraite » égoïste peut se transformer en une vision davantage centrée sur les besoins des autres dans l’instant présent. La lecture intégrale du chapitre 14 de Jean est recommandée pour une réflexion approfondie à ce sujet.


Puisse cette réflexion inspirer une espérance renouvelée et une vision équilibrée entre la promesse du ciel et l'engagement envers les besoins du présent.


Bonne journée sous le bienveillant regard de l’Éternel !

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