JÉSUS ET MARIE : LA RÉVÉLATION D’UN SAUVEUR PERSONNEL

 JÉSUS ET MARIE : LA RÉVÉLATION D’UN SAUVEUR PERSONNEL 


Vendredi 20 décembre 2024

Semaine 12 : L’heure de gloire : la croix et la résurrection

Thème général : Thèmes dans l'Evangile de Jean


Texte à méditer : « Jésus lui dit : Marie ! Elle se retourna, et lui dit en hébreu : Rabbouni ! c’est-à-dire, Maître » (Jean 20:16).


Le passage de Jean 20.11-18 illustre le contraste entre la compréhension humaine limitée et la révélation divine éclatante qui suit la résurrection de Jésus. Après la découverte du tombeau vide, Pierre et Jean, ayant inspecté les lieux, retournent chez eux. Malgré sa foi naissante, Jean semble encore dans une posture d’attente silencieuse. Marie de Magdala, quant à elle, reste sur place, submergée par le chagrin, persuadée que le corps de son Seigneur a été enlevé. Sa dévotion inébranlable la pousse à s’attarder près du tombeau, en pleurs.


Ce sont ces larmes, empreintes de douleur et de fidélité, qui attirent l’attention des anges. Leur apparition souligne l’importance de Marie dans ce moment clé de l’histoire. Ils s’adressent à elle avec bienveillance, révélant ainsi une forme de reconnaissance de son attachement profond à Jésus. Pourtant, sa tristesse persiste, jusqu’au moment où elle se retourne et rencontre celui qu’elle prend d’abord pour le jardinier.


Jésus, en prononçant simplement son nom, « Marie », transforme son désespoir en une joie incommensurable. Cette révélation personnelle met en lumière l’intimité et l’attention particulière que Jésus accorde à ceux qui le cherchent avec sincérité. « Elle se retourna, et lui dit en hébreu : Rabbouni ! c'est-à-dire, Maître ! Jésus lui dit : Ne me touche pas ; car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Mais va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père » (Jean 20.16-17). L’injonction de ne pas s’accrocher à lui indique non seulement la nécessité pour Marie de comprendre la nature spirituelle de sa mission, mais aussi de transmettre une vérité plus grande : Jésus doit retourner auprès de son Père.


En confiant à Marie le rôle de première messagère de la résurrection, Jésus illustre une priorité accordée non aux rangs ou aux titres, mais à la fidélité du cœur – une dévotion récompensée. Marie, dans son obéissance, va proclamer la nouvelle aux disciples, marquant ainsi un tournant décisif dans l’annonce de la victoire sur la mort. Par cet acte, Jésus montre qu’il se soucie toujours de ses disciples, même ceux qui l’ont abandonné dans les moments les plus sombres, en envoyant à travers Marie un message de réconciliation et d’espoir.


Ce passage met en lumière la centralité de la résurrection dans la foi chrétienne : elle est le fondement d’une relation personnelle et transformatrice avec le Christ ressuscité, qui transcende les limites de la compréhension humaine.


La manière dont Jésus est apparu après sa résurrection est à la fois déconcertante et réconfortante. Selon une perspective humaine, il aurait pu se présenter devant les chefs religieux juifs avec une déclaration triomphante telle que : « Je vous l'avais bien dit ! » Ensuite, il aurait pu rendre visite à Pilate et à Hérode pour condamner leurs décisions et corriger leurs préjugés. Une telle démarche aurait constitué une démonstration éclatante que le péché avait été vaincu sur la croix.


Cette vision est déconcertante, car une manifestation spectaculaire, gravée dans les mémoires et inscrite dans l'histoire de manière indélébile, aurait pu donner une légitimité séculière au récit de la résurrection. Cependant, elle est également réconfortante, car les récits des Évangiles montrent que Jésus, après sa résurrection, s’est d'abord adressé à ceux qui en avaient le plus besoin. Il est apparu à Marie près du tombeau, aux disciples découragés sur le chemin d’Emmaüs, à Pierre, qui avait repris ses activités de pêche, et à Thomas, confronté à ses doutes. Ceux qui étaient profondément enracinés dans leurs traditions religieuses et leurs certitudes culturelles sont, quant à eux, passés à côté de cet événement extraordinaire.


Ce récit met en lumière l’importance d’une relation personnelle avec Jésus. Une telle relation ne repose ni sur l’opinion publique, ni sur les tendances politiques, ni sur un consensus scientifique, ni même sur une appartenance religieuse formelle. Elle se construit dans une intimité spirituelle profonde et unique, où chacun peut entendre Jésus l’appeler par son nom, dans une voix qu’il reconnaît. C’est cette proximité qui invite à une expérience transformante et universelle. Puissions-nous entendre sa voix, claire et douce, nous appelant chacun par notre nom, et reconnaître en elle la présence du Christ ressuscité.


De même que Marie a immédiatement identifié son Seigneur lorsqu’il l’a appelée par son nom, cette expérience nous invite à être attentifs à la voix de Dieu qui murmure à nos cœurs et guide nos consciences. Comme Marie, il nous est arrivé de pleurer au point de ne plus avoir de larmes, submergés par la douleur et le sentiment de perte. Il est des voix précieuses qui marquent nos vies, celles de ceux que nous avons aimés et perdus, et que nous espérons entendre à nouveau dans la résurrection promise.


Pourtant, la voix suprême que chacun désire entendre est celle du Christ, accueillant avec tendresse et assurance ceux qui l’ont suivi : « C’est bien, bon et fidèle serviteur. Entre dans la joie de ton Maître. »


Puissions-nous vivre dans l’attente de cette rencontre, confiants dans l’amour et la fidélité de notre Sauveur.


Abondantes grâces de la part de l’Éternel !

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